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Just Another Diamond Day, premier album de Vashti Bunyan enregistré en novembre 1969, est un disque culte. Tellement culte et champêtre qu'il a servi de modèle rétrograde à toute une génération de néo-folkeux Devendra Banhart confiant même récemment qu'il lui avait sauvé la mise dans de grands moments de solitude. Tellement culte et rustique qu'on oublie généralement de préciser que le ridicule pointait déjà sous les (très) belles chansons de cette ancienne protégée du manager des Stones, Andrew Loog Oldham. Laquelle a préféré s'exiler sur une île, loin des feux de la rampe que lui offrirait peut-être le Londres des sixties finissantes. On ne s'offusquera donc pas de son retour, trente-cinq ans après, tant cet album prend aux tripes dès les premières (re)prises de contact. Au point de ne plus vous lâcher. Lookaftering fait même partie de ces disques merveilleux, qui troublent le silence du monde sans le réveiller, à la beauté évidente et à la discrétion exemplaire. Revenue aux affaires par le biais d'un maxi en compagnie d'Animal Collective, Prospect Hummer, Vashti Bunyan a su choisir ses collaborateurs avec un goût certain et personne ne fait ici oeuvre de taxidermie. Pas question d'embaumer la vieille dame pour les nombreux participants. Max Richter, Devendra Banhart, Joanna Newsom (qui, précision utile, ne chante pas), Adem ou Adam Pierce (alias Mice Parade) l'entourent de leurs bonnes volontés, mais, au final, on n'entend qu'elle. Le seul intervenant à marquer véritablement ici est Robert Kirby, oui vous avez bien lu, l'arrangeur des deux premiers albums de Nick Drake, qui tisse ici des tapis de cordes beaux à pleurer. Porté par le souffle de cette voix légère et vibrante, Lookaftering est promis au statut de disque culte.
ÉTIENNE GREIB
MAGIC RPM  #95
article extrait de :
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