Le retour aux affaires de Valérie Leulliot, en groupe ou sous son propre
nom, est en soi une excellente nouvelle. Que Caldeira, l'objet de toutes
nos attentions, comprennent certaines de ses meilleures chansons à ce jour est
à peine une surprise… Autant le confesser, on accorde depuis ses débuts en 1994
à la protégée du Village Vert une confiance absolue – une confiance
régulièrement renouvelée par quelques mélodies accroche-cœurs. Mon Homme
Blessé – aux superbes paroles signées Christophe Miossec –, L'Eau Du
Gange et Caldeira enchaînés, et l'on se dit que rarement carrière
solo aura si bien débutée. Et si L'Amour Désormais se joue ainsi, entre
douceur de vivre (piano feutré, guitare aux cordes nylons) et inquiétude vague
(Un Point De Chute, Un Cœur Gelé), c'est une humeur saudade
qui l'emporte ici le plus souvent. Spleen léger mais sensuel donc, que même le
banjo guilleret qui conduit Au Virage ne saurait chasser, mais Rien
De Grave nous répond-elle avant ce final Pyromane noyé dans une
chambre d'écho/trémolo. Les amateurs des Spacemen 3 apprécieront. Entièrement
joué, arrangé et réalisé par Sébastien Lafargue – San Sebastian dans une autre
vie –, Caldeira, s'il ne bouleverse pas de fond en comble l'univers de
Valérie Leulliot, lui ouvre toutefois de nouveaux horizons. Et où mieux que du haut
d'une falaise pour les contempler ?