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Snow-White
archive mag novembre 2001
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Depuis quinze ans qu'il traîne sa carcasse dégingandée sur la scène underground française, Pierre Emery s'est signalé à plusieurs reprises par son passage au sein des Cherokees ou par un album stoogien assez réussi sous le nom de Suspense. De retour avec Ultra Orange, porté par le tubesque morceautitre déjà souvent croisé tout au long des tunnels de pub de l'été, Emery semble avoir modernisé son vocabulaire musical, tout en demeurant fidèle à la trilogie sacrée de ses origines (Stones-Velvet-Iggy). Assez convaincant dans ses tentatives bricolo-rock d'inspiration beckienne, Ultra Orange devient parfois supralourdingue quand Emery s'avise de renouer avec le rock pur, dur mais un peu fossilisé de ses débuts (Seven Lonely Nights) et, surtout, de reproduire l'un des défauts les plus récurrents du rock français des années 80. On croyait pourtant bien en avoir fini avec cette déplorable façon de tout sacrifier, y compris le sens, sur l'autel de l'assonance en s'abritant commodément derrière Gainsbourg ou Boris Bergman. La Fureur Du Dragon, J'ai Du Cream Sur Mon Jean (mon Dieu, ces titres !) viennent malheureusement remettre en cause cette certitude. Dommage car ces deux ou trois fautes de goût confèrent un côté un peu daté à un album qui, par ailleurs, pourrait passer pour une forme assez crédible de renaissance dans la modernité.
Matthieu Grunfeld
article extrait de :
MAGIC RPM #56
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