La pulpeuse Gil Lesage et le charismatique Pierre Émery ont commis une erreur. Pourquoi diable ont-ils gardé le nom d'Ultra Orange sous lequel ils ont enregistré un album de triste mémoire il y a sept ans pour le compte d'une major ? L'entreprise était louable marier rock et techno , le résultat, peu fréquentable. Depuis, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts, le couple a fondé sa propre structure (One Plus One) et sorti l'an passé un disque de bonne tenue, White Snow, qui aurait sans doute été mieux accueilli s'il avait été réalisé sous une autre identité... Aujourd'hui, c'est avec un projet un peu particulier que le tandem (forcément...) revient, puisque Seven Lonely Girls (titre explicite) est avant tout la musique d'un moyen métrage "osé", réalisé par ce duo décidément jamais à court d'idées. Et force est de constater que, avec ou sans les images (même si on se dit qu'avec, c'est peut-être encore mieux), ces chansons sont parmi les mieux (dé)troussées que le sieur Émery ait composées depuis longtemps. En multipliant les références comme autant d'oeillades appuyées (le Bowie de Heroes sur le volage Cette Fille Seule, les Stooges sur le rougeoyant Surf With Omar In The USA), en se délectant d'atmosphères coquines et poisseuses (le somptueux instrumental Snow St, le vibrant Bikini Kill, parfait ménage entre incursions pop et traitements electro), Seven Lonely Girls se dévoile en album aguicheur, sûr de sa séduction, à l'instar d'un Deborah On The Phone "gainsbourien" en diable ou d'un This Not A Blue Movie en guise de chute (de reins) hypnotique. Grâce à Ultra Orange, c'est désormais une certitude : nos nuits seront plus belles que vos jours.