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How To Dismantle An Atomic Bomb de U2

chronique d'album
L'auteur de ces quelques lignes n'est pas un fan de U2, pour preuve son disque préféré du groupe est Zooropa, petit frère en juillet 1993 du Achtung Baby sorti deux ans plus tôt, où figure sa chanson préférée, One, exercice de style des plus traditionnel là  où il devait être question de se réinventer. Il m'est donc d'autant plus facile d'écrire que ce onzième album en vingt-cinq ans d'existence marque un retour en forme après la balourdise d'un All That You Can Leave Behind propre à  reconquérir en 2000 le grand public désarçonné trois ans plus tôt par les facéties de Pop. Concrètement, Steve Lillywhite, producteur historique des débuts, est effectivement cette fois aux commandes, après avoir été rapatrié sans effet pour son prédécesseur. Il produit en particulier Vertigo, premier single en forme de détonation rock, au point de faire penser sur son refrain au Dirty Boots de Sonic Youth. Évidemment, à  leur âge, impossible pour nos quatre Irlandais de garder le pied au plancher, et dès Miracle Drug, nous voilà  en territoire (trop) familier malgré le renfort de Jacknife Lee, ex-Compulsion arrivé là  on ne sait trop comment ! Ensuite, Sometimes You Can't Make It On Your Own se réfère peut-être au You Can't Always Get What You Want des Stones, mais Love And Peace Or Else souffre à  coup sûr de la comparaison avec Nick Cave dans le genre "boogie swamp blues". Et si City Of Blinding Lights traîne en longueur, All Because Of You sonne comme un réveil en fanfare, soit Even Better Than The Real Thing en mieux orchestré et arrangé ! A Man And A Woman reprend un autre filon a priori épuisé, celui de One, mais Crumbs From Your Table plonge dans le doute : "Plus ça va, moins ça va...", malgré les efforts parfois conjugués de Flood, Eno et Lanois, Chris Thomas et Nellee Hooper (excusez du peu). Heureusement, One Step Closer, qui fait la leçon à  Coldplay, puis Original Of The Species, très Beatles/Oasis/Robbbie Williams (si si) avec cordes et cuivres, et Yahweh, en conclusion, redressent la barre. How To Dismantle... n'est pas la bombe atomique annoncée, mais pas non plus le pétard mouillé redouté depuis la disparition des bandes enregistrées à  Nice cet été. Affaire classée, bientôt au Stade du Ray pour la tournée ?
Nicolas Plommée
MAGIC RPM  #86
article extrait de :
MAGIC RPM #86 Commander ce numéro


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