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Inévitable question saisonnière : comment le premier album d'un groupe, aussi bon soit-il, parvient à survivre à un système qui le projette au firmament de la reconnaissance à peu près aussi vite qu'il lui brûle les ailes ? Les trois très jeunes gars de Two Door Cinema Club sont pris dans un tourbillon où tout se met en place avec une progression à peu près aussi frénétique que les dix morceaux de Tourist History. Une phase d'insouciance où il ne s’agit pas savoir si l'on peut durer, juste de se faire remarquer. Pour cela, Kitsuné, label auréolé d'une constellation d’étoiles qui jouent à saute-mouton avec les genres musicaux et auteur d’un doublé gagnant après la sortie du récent Acolyte (2010) de Delphic, est parfait pour jeter en pâture un excellent single au titre prometteur et prédestiné, Something Good Can Work, qui sonne comme Phoenix en dessous de l’équateur.

Puis, occasion en or, un remplacement au pied levé de La Roux lors du dernier festival des Inrockuptibles produit l’effet escompté et instantané de rampe de lancement parfaite. Sur scène, Alex Trimble, Kev Baird et Sam Halliday prouvent qu'ils ont bien plus qu'un seul tube dans leurs guitares.Tourist History vient à point nommé confirmer cette bonne impression, précédé du nouveau single épileptique I Can Talk. Avec un pareil sens de la mélodie accrocheuse et du refrain tueur, les trois Irlandais ont de la sève à revendre et lancent des scuds à guitares à très forte teneur rythmique, d’une fraîcheur est totalement désarmante. Et délivrent un album que l’on écoute d’une traite, et que l’on termine le sourire aux lèvres. Premier rayon de soleil de l’hiver, Tourist Historyest sans doute encore naïf et juvénile, mais il ne pose plus la question du devenir immédiat de ces trois garçons que l’on entendra sûrement beaucoup cette année.
Thomas Schwoerer
MAGIC RPM  #139


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