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Return To Cookie Mountain
archive mag juillet 2006
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On a dû leur faire une blague, leur dire que la musique était morte et que le meilleur moyen de lui rendre hommage était de mettre son inspiration en berne. Ou comment expliquer qu'à un premier album avant-gardiste aussi étrange qu'ensorceleur succède un tel tohu-bohu désincarné. Des collaborations à tire-larigot, notamment avec l'un des groupes les plus surestimés de ces quinze dernières années (i.e. Massive Attack) ou encore avec un ancien travesti reconverti dans la promotion d'eau minérale (i.e. David Bowie), n'annonçaient, il est vrai, rien qui vaille. Mais on pensait que la liberté de créer de TV On The Radio l'aiderait à se recueillir sur l'essentiel, pour nous séduire à nouveau avec son garage doo-wop habité. Eh bien non. Return To Cookie Mountain est un disque terriblement emprunté, sans queue ni tête, ni âme. La formule est pourtant la même, mais là où les compositions de Desperate Youth, Blood Thirsty Babes (2004) nous élevaient imparablement, ces brûlots pseudo-futuristes nous font voler au ras d'un carrelage crasseux et morcelé, quand ils ne nous mettent pas simplement la tête dans le sceau. En terme de serpillière baveuse et informe, Let The Devil In décroche allègrement le pompon. On a l'impression d'entendre un Prince constipé accompagné par les Tambours du Bronx ayant perdu le sens du rythme. Le même Prince semble, à l'inverse, avoir absorbé trop de laxatifs sur I Was A Lover et ses vocalises coulantes sur fond de flaque sonique inaudible. De ce vide sidérant et sidéral, on rattrapera du bout de l'oreille les sauvages Wolf Like Me et Blues From Down Here, torches rockeuses rageusement électrisées. Pour finir, comme un symbole de ce méthodique ratage, la mélodie sympathique car sifflotée A Method se trouve déchiquetée en son coeur par un break de batterie martial et totalement inutile. "Wow ! Quelle audace..." , ont alors dû s'écrier ceux qui s'apprêtaient à porter au pinacle ce barouf du déshonneur avant même de l'avoir entendu. Une audace en forme de bien triste cache-misère.
AnnA Lester
article extrait de :
MAGIC RPM #102
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