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Cabin In The Sky

archive mag juin 2004
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Tuxedomoon n'a jamais vraiment cessé d'errer dans le paysage musical de ces vingt-cinq dernières années. De projets solitaires en reformations partielles, les membres originels continuaient à  publier des disques en catimini et à  tourner. Mais c'est Dj Hell qui les a vraiment remis en selle en éditant sur son label à  la mode International Deejay Gigolo des remixes de morceaux séminaux comme No Tearsou What The Use, histoire de payer son dû aux grands anciens de l'afterpunk. Quoi de neuf en 2004 ? Steven Brown porte toujours la même chemise blanche froissée, retroussée aux manches. Peter Principle reste éternellement en retrait. Winston Tong, le Syd Barrett eurasien du groupe, inconstant et génial, s'en est allé. Notons quand même une évolution de poids : Blaine L. Reininger a rasé sa moustache et chante en italien. Pour ainsi dire, le temps s'est arrêté dans la musique de nos Américains mélancoliques et habités. De nombreux collaborateurs (citons John McEntire ou les membres de Tarwater, mais aussi Marc Collin de Volga Select et Marc Hollander d'Aksak Maboul) ont participé à  ce nouvel album, mais aucun n'a réussi à  y apposer son empreinte distinctive, tellement la cohésion du groupe demeure unique. À cet égard, le morceau inaugural A Home Awaysonne comme une introduction parfaite, façon cours de rattrapage, au son du groupe : une basse perce un tapis de sonorités lointaines et plaintives, qu'illuminent un saxophone et la voix anxiogène de Steven Brown. La collaboration avec Hell, Luther Blisset, est une orgie bruitiste et groovy, avant un au revoir instrumental au spleen langoureux. À l'écart des modes, quelque part entre Nino Rota et Kurt Weill, la très belle musique cinématographique de Tuxedomoon déploie sa neurasthénie urbaine.

Alexandre Cognard

magazine num 81 article extrait de :
MAGIC RPM #81


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