A (2007) donnait le (teu)ton, et B (2009) foulait
des territoires situés bien au-delà de la vieille Europe. La logique aurait
voulu que… Mais la logique, Turzi s’en fiche. En lieu et place de l’attendu C,
le chantre du psychédélisme rigoriste a enregistré cet album sans les
exécutants de Reich IV et déployé ses habituelles lignes épurées, boucles
ténues et rythmes secs. Pilooski (Discodeine) aurait simplifié les
longues mélopées du compositeur solitaire, afin de les rendre plus efficaces.
Ce qui, entendons-nous bien, ne transforme pas Éducation en précis de
l'hédonisme – ici, on marche au pas, on danse les bras croisés, et on s'interroge
sur la valeur du sacré et de la transmission. Ce disque minutieux, à la fois
planant et plombant, présente Morricone à Moroder sur fond de chœurs chrétiens
et de chants de muezzin (Croyance) et aligne quelques moments
d'excellence martiale (Déviance). Marqué au fer rouge par Jean-Michel
Jarre, Turzi signe quelques moments de simplicité enfantine (En France).
T.E.E. - Connaissance
Mais si l’ex-pensionnaire de l’IRCAM, en comblant les foules parisiennes, chinoises ou égyptiennes, se désincarne et pousse le nivellement technopop à son paroxysme, Turzi apporte une touche très personnelle, marquée par ses années de pensionnat catholique. Né sous le signe du V, le trentenaire a souvent évoqué le religieux (A Notre Père et Are You Thinking About Jesus?, sur A) et réglé son compte au messie le temps de Jesus Has No Place On The Dancefloor sur le mini-LP Made Under Authority (2006). Un premier essai dont Éducation serait finalement le successeur, si l'on en croit l'argumentaire accompagnant ce quatrième album – ou second, on ne sait plus. Toujours est-il que Turzi abordait la question religieuse avec un peu de finesse et d'humour. Ici, le propos se trouve affaibli par des litanies textuelles devant autant à l’épure de Kraftwerk (et les initiales de ce projet ne laissent d'ailleurs pas de doute) qu’aux rimes faciles du Gainsbourg en fin de course. Dommage. Car c’est en faisant vœu de silence et en se contentant de profaner ses synthétiseurs que Turzi convertira les derniers réfractaires.
T.E.E. - Connaissance
Mais si l’ex-pensionnaire de l’IRCAM, en comblant les foules parisiennes, chinoises ou égyptiennes, se désincarne et pousse le nivellement technopop à son paroxysme, Turzi apporte une touche très personnelle, marquée par ses années de pensionnat catholique. Né sous le signe du V, le trentenaire a souvent évoqué le religieux (A Notre Père et Are You Thinking About Jesus?, sur A) et réglé son compte au messie le temps de Jesus Has No Place On The Dancefloor sur le mini-LP Made Under Authority (2006). Un premier essai dont Éducation serait finalement le successeur, si l'on en croit l'argumentaire accompagnant ce quatrième album – ou second, on ne sait plus. Toujours est-il que Turzi abordait la question religieuse avec un peu de finesse et d'humour. Ici, le propos se trouve affaibli par des litanies textuelles devant autant à l’épure de Kraftwerk (et les initiales de ce projet ne laissent d'ailleurs pas de doute) qu’aux rimes faciles du Gainsbourg en fin de course. Dommage. Car c’est en faisant vœu de silence et en se contentant de profaner ses synthétiseurs que Turzi convertira les derniers réfractaires.