Londres, 2003. En oubliant de préciser que la sortie de son petit studio d'enregistrement donnait droit sur les cabines d'essayage d'une boutique pour dames et demoiselles à Soho, le musicien électronique Mike Lindsay "séquestre", jusqu'à la fermeture, Sam Genders, un auteur-compositeur de chansons douces du Derbyshire, rencontré peu avant. Le tandem se découvre alors un tas d'atomes crochus et, faisant fi du fossé musical censé a priori séparer deux mondes musicaux différents, renouvelle maintes fois une expérience qui aboutira à la formation de Tunng. Un projet électronifolk qui se devra d'être d'autant plus "ouvert" qu'il est absolument hors de question que Sam monte sur scène ! Qu'importe, quelques amis viendront contribuer au subtil assemblage d'une electronica naturaliste et de folk songs en contre-jour de facture classique, tout en flirtant avec le minimalisme. Si l'attendrissante The Wind Up Bird fait penser à une version électronique du Penguin Café Orchestra, Stories est, elle, un véritable appel au remixage dancefloor. Capable d'écrire de très belles chansons d'amours toutes simples (Jenny Again,It's Because We've Got Hairs), Tunng sait aussi les faire dériver et revêtir l'apparence de certains passages acoustiques des krautrockers Amon Düül II et Faust. Le grand avantage avec la musique de Tunng, c'est que, se défendant de faire dans l'élitisme expérimental, l'auditeur sent immédiatement qu'il peut y entrer comme dans un moulin. Et l'énergie qui fait tourner ses pales est sans le moindre doute un vent de liberté...