En kiosque actuellement Commander

…And Then We Saw Land de Tunng

chronique d'album
Drôle d'histoire que celle de Tunng. En mouvement perpétuel depuis ses débuts en 2003, le duo anglo-américain a rapidement muté en sextuor, sans que cela ne perturbe en rien son rythme de production effréné (trois albums à la suite entre 2005 et 2007). Et voilà qu'aujourd'hui, la formation nous revient sans son fondateur et chanteur, Sam Genders. Celui-ci ayant pris le parti, dès le départ, de ne pas participer aux concerts, il se sera sans doute trouvé en rupture de ton avec ses camarades – à moins qu'il n'ait décidé de filer en douce vers d'autres horizons. Le plus étonnant dans tout ça, c'est que …And Then We Saw Landsonne exactement comme le devait la suite du très joli Good Arrows (2007).

Un changement dans la continuité, dirait Giscard. L'ampleur gagnée dans les tournées marathoniennes est ici mise en évidence par des arrangements plus luxuriants et une production plus trouble et enveloppante qu'auparavant. Si on s'y penche, comme ces chansons nous y invitent, on observe bien sûr que plusieurs éléments nouveaux sont apparus : une voix féminine (Becky Jacobs), des chœurs, des synthétiseurs drogués parfois sidérants. D'autres ont perdu du terrain, comme les bleeps electronica et les morceaux de field recording. Pour ce qui est de l'écriture et de la vue d'ensemble, Tunng reste fidèle à lui-même, toujours brillant pour faire coexister tristesse et contrastes ludiques. S'il ne délivre pas une popsong aussi immédiatement attachante que Bullets, et verse une fois dans les travers du feu de camp (Don't Look Down On Back), il conserve intact ce gène qui fait chialer les amateurs de future folk. La suite au prochain épisode.
Michaël Patin
MAGIC RPM  #140


Réagissez

Votre réaction :

Votre pseudo :

Prévisualiser