Il y a des pochettes de disques et des premières écoutes qui donnent
envie d’en rester là. Le nouvel album de Tue-Loup s’impose malheureusement
comme un modèle du genre ! Mais pourquoi diable Xavier Plumas ne s’est-il pas
attelé à l’écriture du second chapitre de sa carrière en solitaire ? Au lieu de
quoi, surfant sur la vague slam avec son ami Rom Liteau et l’excellent Thomas
Belhom à la batterie, l’auteur de La Gueule Du Cougouar (2008)
a-t-il décidé de revisiter le mythe du comte Dracula. En toute logique,
l’histoire finit mal, pour le sextet comme pour l’auditeur. Car si, comme en
témoigne le succès du lénifiant Twilight dans les
salles obscures, l’imaginaire trouble des vampires inspire toujours les adolescents,
on ne peut en dire autant de Tue-Loup. Plus difficiles d’accès que jamais, ces
onze chansons combinent romantisme discount – la vie, la mort et le vilain sexe
qui tue – et blues rock trop souvent casse-bonbons. Chassant sur les terres
lexicales de Philippe Pigeard (Sonnet Du Trou Du Cul, Je Ne Suis Queue, etc),
Plumas et Liteau n’atteignent hélas jamais les hauteurs de Tanger où, comme
chacun sait, l’herbe est plus verte et la vue imprenable. Plus bas dans la
vallée, Le Goût Du Bonbon bien trop
amer ne passe
plus…