Comme le
suggère avec pertinence le titre de son second album solo, How To Live On
Nothing, le leader de Chokebore s’est astreint à une vie d’ascète
international, trimballant son baluchon entre l’Europe et les États-Unis pour
confectionner, au fil de son parcours, quelques-unes de ses meilleures
chansons. Dans son œuvre tout autant que dans ses goûts, Troy Von Balthazar
semble avoir trouvé une forme de plénitude et de sérénité en renonçant au
superflu pour mieux se concentrer sur l’essentiel et les valeurs sûres. [Interview Matthieu Grunfeld].
AL GREEN - Belle
(album The Belle Album, 1977)
Je n’écoute presque aucune chanson qui se rapproche de près ou de loin de mon propre univers : je n’écoute jamais de rock ou de pop indépendante. En revanche, depuis quelques années, j’écoute de plus en plus de soul classique. J’adore Al Green et tout particulièrement cette chanson qu’il a enregistrée sans son arrangeur habituel, Willie Mitchell, juste avant d’interrompre sa carrière pour des raisons religieuses. Les musiciens sont fabuleux, la voix est grandiose, mais surtout, le fait qu’il écrive une chanson pour annoncer à son amour qu’il la quitte pour consacrer sa vie à Dieu me fascine complètement. Il lui annonce sa décision avec un mélange de tristesse et, en même temps, un bonheur rayonnant et extrêmement communicatif. Je trouve ça tellement bizarre ! C’est une forme d’extase mystique que je ne pourrai sans doute jamais ressentir et la plupart de mes chansons préférées sont justement celles qui évoquent des sentiments diamétralement opposés à ceux que je peux moi-même éprouver. Il se dégage de ce morceau une beauté que je n’atteindrai jamais et c’est précisément ce que j’apprécie.
CROSBY, STILLS & NASH - Helplessly Hoping
(album Crosby, Stills & Nash, 1969)
Ce qui me bouleverse dans ce titre, évidemment, c’est la qualité et la précision des harmonies vocales. C’est d’une telle simplicité ! On entend juste une guitare acoustique et leurs trois voix, et le résultat est absolument exquis. Chez Crosby, Stills & Nash, j’ai toujours été frappé par le contraste entre la démesure de leur ego et de leur mode de vie et le dénuement extrême de certaines de leurs compositions. J’ai vu un documentaire sur eux l’autre jour : ils pataugeaient dans un jacuzzi entourés de filles à moitié nues. Ils étaient tous saouls et défoncés : la décadence totale. Et, tout à coup, l’un des trois s’est mis à chanter, les deux autres l’ont accompagné et c’était incroyablement beau. Comme s’ils s’échappaient, un instant, du contexte et de leur statut ridicule de stars californiennes. Et là, j’ai mieux compris ce que ces filles superbes étaient venues faire dans la piscine ! (Sourire.)
MICHAEL JOHNSON - Bluer Than Blue
(album The Michael Johnson Album, 1978)
Dans mon iPod, je charge de plus en plus de titres de rock FM des 70’s : c’est facile à écouter, la plupart des morceaux sont très bien produits et ce sont des chansons extrêmement joyeuses. Je sais que ce n’est pas de très bon goût, mais je n’y peux rien ! C’est ce qui me rend heureux. C’est plus facile pour moi d’apprécier ce genre de vieilles chansons un peu ringardes de manière simple et naïve, au premier degré. C’est aussi pour cela que je ne m’intéresse plus du tout aux nouvelles sorties : chaque fois que j’entends un titre contemporain, c’est avec une oreille technique. Je me demande comment tel son de guitare a été enregistré et cela gâche le plaisir simple et authentique de l’écoute. Je me souviens parfaitement du jour où j’ai entendu cette chanson dans la voiture de mes parents, à Hawaï, quand j’avais cinq ans. Et chaque fois que je la repasse, j’ai l’impression de retrouver un peu de ce plaisir innocent. Ceci dit, la chanson est absolument atroce, mais j’assume mon choix ! (Sourire.)
ELTON JOHN - Mellow
(album Honky Château, 1972)
Une autre chanson qui me donne le sourire dès que je l’entends. Elle parle de vacances, je crois. Pour moi, elle reste associée à de vieux souvenirs d’enfance et c’est sûrement ce qui me détend. Sur le plan musical, son style n’a pas grand-chose à voir avec le mien. Parfois, j’aimerais bien pouvoir être aussi prolifique qu’Elton John. À cette époque, il lui suffisait de s’asseoir au piano pour composer tube sur tube. J’essaie également de m’astreindre à un rythme de travail quotidien, ou du moins le plus régulier possible. J’ai déjà écrit le prochain disque de Chokebore, et mon troisième album solo est également presque terminé. Je collectionne les vieilles machines à écrire et j’en sors une tous les jours pour écrire au moins un texte. J’ai besoin de cette discipline pour avancer, même si beaucoup de ces brouillons restent inachevés.
BOB DYLAN - Shelter From The Storm
(album Hard Rain, 1976)
C’est une bonne chanson, tout simplement. Je préfère cette version live, plus rock, plus sauvage que l’original sur Blood On The Tracks (1975). Il n’y a pas grand-chose à ajouter à ce que tout le monde sait déjà : en termes d’écriture, Dylan reste la référence ultime, le parolier le plus génial de tous les temps. Je n’ai jamais eu de héros ou de modèle unique en matière songwriting, que ce soit Leonard Cohen, Bob Dylan ou n’importe qui d’autre. Je ne suis donc pas un fan inconditionnel de toute son œuvre et il y a beaucoup de déchets. Mais les quelques sommets de sa discographie restent indépassables.
BRIAN WILSON - Wonderful
(album I Just Wasn’t Made For These Times, 1995)
J’aime beaucoup la version des Beach Boys, mais cette réinterprétation en solo au piano est encore plus émouvante. On salue très souvent son talent de compositeur, et c’est tout à fait mérité. Il n’a pas écrit énormément de textes, mais celui-ci est un petit chef-d’œuvre : il parvient à raconter une histoire extrêmement profonde et complexe à partir de quelques éléments très simples. Il reste très allusif, il utilise beaucoup d’ellipses mais, à partir des quelques mots qu’il utilise, on comprend tout ce qu’il cherche à dire. C’est un magnifique travail d’épure : il supprime tous les éléments superflus et ne conserve que ce qui est strictement nécessaire dans la trame finale. C’est ce qu’il y a de plus difficile à faire quand on travaille sur une chanson.
OTIS REDDING - These Arms Of Mine
(album Pain In My Heart, 1964)
Comme tu auras pu le constater, aucun des artistes que j’ai choisis n’ont exercé d’influence directe ou évidente sur mes chansons. La seule chose qui me rattache très modestement à eux, en dehors de l’admiration que je porte à leurs œuvres, c’est peut-être une certaine forme de sincérité ou d’humanité. Et on ne peut pas trouver plus sincère et plus humain qu’Otis Redding ! Quand je pense qu’il n’avait que vingt-deux ans quand il a enregistré ce titre. J’ai déjà essayé plusieurs fois de reprendre These Arms Of Mine et, à chaque fois c’est un désastre. C’est une chanson tellement simple pourtant, mais c’est impossible de chanter comme lui. C’est décourageant.
VAN MORRISON - Madame George
(album Astral Weeks, 1968)
Voilà un bon exemple de la manière dont un interprète génial peut arriver à sublimer une chanson très quelconque. Madame George doit comporter en tout et pour tout trois accords, ressassés pendant plus de huit minutes. Et pourtant, on ne s’ennuie pas une seconde. La qualité intrinsèque de la composition importe finalement assez peu parce que la mélodie n’est qu’une toile de fond, un simple décor sur lequel Van Morrison projette sa voix. Et il chante avec une telle liberté ! Je me souviens de l’avoir vu quand j’étais adolescent dans une émission de télévision. Je n’avais jamais rien entendu de comparable. Il s’était arrêté en plein milieu de la chanson pour engloutir une demi-bouteille de vin et je me suis dit : “Qui est ce vieil ivrogne qui chante n’importe comment ?” Et puis j’ai fermé les yeux et tout a changé : j’ai réalisé que, derrière ses airs de poivrot, il y avait un véritable génie.
DAVID BOWIE - Lady Stardust
(album The Rise And Fall Of Ziggy Stardust And The Spiders From Mars, 1972)
Quand j’ai commencé la musique, cet album était la référence ultime. Je crois bien que c’est la première chanson que j’ai apprise à jouer au piano quand j’avais dix-huit ans. Pourtant, la démarche de Bowie peut sembler opposée à la mienne. Il s’est toujours dissimulé derrière des personnages pour brouiller les pistes et cultiver le mystère alors que je cherche de plus en plus à entretenir une forme de relation assez intime et directe avec l’auditeur. Pourtant, je m’inspire aussi de lui pour fixer certaines limites. À l’ère de l’Internet, il peut être tentant de tout dévoiler mais cela ne me tente pas : je reste trop timide pour m’exposer à ce point. C’est aussi pour cela que j’aime bien m’abriter derrière des masques ou porter un bandeau sur l’œil, sur scène ou même dans le métro. J’aime pourvoir observer les réactions des gens sans qu’ils puissent voir les miennes.
JOHN LENNON - Isolation
(album Plastic Ono Band, 1970)
C’est justement une chanson où Lennon dévoile de manière très crue et très sincère ses sentiments les plus intimes. Il prend le risque de l’impudeur mais avec un tel talent que ça passe sans problème. Je peux aisément m’identifier à cette sensation d’isolement qu’il dépeint avec brio dans ce titre, même si je n’ai jamais été et que je ne serai jamais une star coupée du monde réel. Au bout du compte, l’écriture est un processus extrêmement solitaire, presque ascétique : à un moment donné, il faut se retrouver seul face à soi-même pour trouver sa propre voie. C’est à ce prix que l’on peut arriver à composer des chansons originales.
AL GREEN - Belle
(album The Belle Album, 1977)
Je n’écoute presque aucune chanson qui se rapproche de près ou de loin de mon propre univers : je n’écoute jamais de rock ou de pop indépendante. En revanche, depuis quelques années, j’écoute de plus en plus de soul classique. J’adore Al Green et tout particulièrement cette chanson qu’il a enregistrée sans son arrangeur habituel, Willie Mitchell, juste avant d’interrompre sa carrière pour des raisons religieuses. Les musiciens sont fabuleux, la voix est grandiose, mais surtout, le fait qu’il écrive une chanson pour annoncer à son amour qu’il la quitte pour consacrer sa vie à Dieu me fascine complètement. Il lui annonce sa décision avec un mélange de tristesse et, en même temps, un bonheur rayonnant et extrêmement communicatif. Je trouve ça tellement bizarre ! C’est une forme d’extase mystique que je ne pourrai sans doute jamais ressentir et la plupart de mes chansons préférées sont justement celles qui évoquent des sentiments diamétralement opposés à ceux que je peux moi-même éprouver. Il se dégage de ce morceau une beauté que je n’atteindrai jamais et c’est précisément ce que j’apprécie.
CROSBY, STILLS & NASH - Helplessly Hoping
(album Crosby, Stills & Nash, 1969)
Ce qui me bouleverse dans ce titre, évidemment, c’est la qualité et la précision des harmonies vocales. C’est d’une telle simplicité ! On entend juste une guitare acoustique et leurs trois voix, et le résultat est absolument exquis. Chez Crosby, Stills & Nash, j’ai toujours été frappé par le contraste entre la démesure de leur ego et de leur mode de vie et le dénuement extrême de certaines de leurs compositions. J’ai vu un documentaire sur eux l’autre jour : ils pataugeaient dans un jacuzzi entourés de filles à moitié nues. Ils étaient tous saouls et défoncés : la décadence totale. Et, tout à coup, l’un des trois s’est mis à chanter, les deux autres l’ont accompagné et c’était incroyablement beau. Comme s’ils s’échappaient, un instant, du contexte et de leur statut ridicule de stars californiennes. Et là, j’ai mieux compris ce que ces filles superbes étaient venues faire dans la piscine ! (Sourire.)
MICHAEL JOHNSON - Bluer Than Blue
(album The Michael Johnson Album, 1978)
Dans mon iPod, je charge de plus en plus de titres de rock FM des 70’s : c’est facile à écouter, la plupart des morceaux sont très bien produits et ce sont des chansons extrêmement joyeuses. Je sais que ce n’est pas de très bon goût, mais je n’y peux rien ! C’est ce qui me rend heureux. C’est plus facile pour moi d’apprécier ce genre de vieilles chansons un peu ringardes de manière simple et naïve, au premier degré. C’est aussi pour cela que je ne m’intéresse plus du tout aux nouvelles sorties : chaque fois que j’entends un titre contemporain, c’est avec une oreille technique. Je me demande comment tel son de guitare a été enregistré et cela gâche le plaisir simple et authentique de l’écoute. Je me souviens parfaitement du jour où j’ai entendu cette chanson dans la voiture de mes parents, à Hawaï, quand j’avais cinq ans. Et chaque fois que je la repasse, j’ai l’impression de retrouver un peu de ce plaisir innocent. Ceci dit, la chanson est absolument atroce, mais j’assume mon choix ! (Sourire.)
ELTON JOHN - Mellow
(album Honky Château, 1972)
Une autre chanson qui me donne le sourire dès que je l’entends. Elle parle de vacances, je crois. Pour moi, elle reste associée à de vieux souvenirs d’enfance et c’est sûrement ce qui me détend. Sur le plan musical, son style n’a pas grand-chose à voir avec le mien. Parfois, j’aimerais bien pouvoir être aussi prolifique qu’Elton John. À cette époque, il lui suffisait de s’asseoir au piano pour composer tube sur tube. J’essaie également de m’astreindre à un rythme de travail quotidien, ou du moins le plus régulier possible. J’ai déjà écrit le prochain disque de Chokebore, et mon troisième album solo est également presque terminé. Je collectionne les vieilles machines à écrire et j’en sors une tous les jours pour écrire au moins un texte. J’ai besoin de cette discipline pour avancer, même si beaucoup de ces brouillons restent inachevés.
BOB DYLAN - Shelter From The Storm
(album Hard Rain, 1976)
C’est une bonne chanson, tout simplement. Je préfère cette version live, plus rock, plus sauvage que l’original sur Blood On The Tracks (1975). Il n’y a pas grand-chose à ajouter à ce que tout le monde sait déjà : en termes d’écriture, Dylan reste la référence ultime, le parolier le plus génial de tous les temps. Je n’ai jamais eu de héros ou de modèle unique en matière songwriting, que ce soit Leonard Cohen, Bob Dylan ou n’importe qui d’autre. Je ne suis donc pas un fan inconditionnel de toute son œuvre et il y a beaucoup de déchets. Mais les quelques sommets de sa discographie restent indépassables.
BRIAN WILSON - Wonderful
(album I Just Wasn’t Made For These Times, 1995)
J’aime beaucoup la version des Beach Boys, mais cette réinterprétation en solo au piano est encore plus émouvante. On salue très souvent son talent de compositeur, et c’est tout à fait mérité. Il n’a pas écrit énormément de textes, mais celui-ci est un petit chef-d’œuvre : il parvient à raconter une histoire extrêmement profonde et complexe à partir de quelques éléments très simples. Il reste très allusif, il utilise beaucoup d’ellipses mais, à partir des quelques mots qu’il utilise, on comprend tout ce qu’il cherche à dire. C’est un magnifique travail d’épure : il supprime tous les éléments superflus et ne conserve que ce qui est strictement nécessaire dans la trame finale. C’est ce qu’il y a de plus difficile à faire quand on travaille sur une chanson.
OTIS REDDING - These Arms Of Mine
(album Pain In My Heart, 1964)
Comme tu auras pu le constater, aucun des artistes que j’ai choisis n’ont exercé d’influence directe ou évidente sur mes chansons. La seule chose qui me rattache très modestement à eux, en dehors de l’admiration que je porte à leurs œuvres, c’est peut-être une certaine forme de sincérité ou d’humanité. Et on ne peut pas trouver plus sincère et plus humain qu’Otis Redding ! Quand je pense qu’il n’avait que vingt-deux ans quand il a enregistré ce titre. J’ai déjà essayé plusieurs fois de reprendre These Arms Of Mine et, à chaque fois c’est un désastre. C’est une chanson tellement simple pourtant, mais c’est impossible de chanter comme lui. C’est décourageant.
VAN MORRISON - Madame George
(album Astral Weeks, 1968)
Voilà un bon exemple de la manière dont un interprète génial peut arriver à sublimer une chanson très quelconque. Madame George doit comporter en tout et pour tout trois accords, ressassés pendant plus de huit minutes. Et pourtant, on ne s’ennuie pas une seconde. La qualité intrinsèque de la composition importe finalement assez peu parce que la mélodie n’est qu’une toile de fond, un simple décor sur lequel Van Morrison projette sa voix. Et il chante avec une telle liberté ! Je me souviens de l’avoir vu quand j’étais adolescent dans une émission de télévision. Je n’avais jamais rien entendu de comparable. Il s’était arrêté en plein milieu de la chanson pour engloutir une demi-bouteille de vin et je me suis dit : “Qui est ce vieil ivrogne qui chante n’importe comment ?” Et puis j’ai fermé les yeux et tout a changé : j’ai réalisé que, derrière ses airs de poivrot, il y avait un véritable génie.
DAVID BOWIE - Lady Stardust
(album The Rise And Fall Of Ziggy Stardust And The Spiders From Mars, 1972)
Quand j’ai commencé la musique, cet album était la référence ultime. Je crois bien que c’est la première chanson que j’ai apprise à jouer au piano quand j’avais dix-huit ans. Pourtant, la démarche de Bowie peut sembler opposée à la mienne. Il s’est toujours dissimulé derrière des personnages pour brouiller les pistes et cultiver le mystère alors que je cherche de plus en plus à entretenir une forme de relation assez intime et directe avec l’auditeur. Pourtant, je m’inspire aussi de lui pour fixer certaines limites. À l’ère de l’Internet, il peut être tentant de tout dévoiler mais cela ne me tente pas : je reste trop timide pour m’exposer à ce point. C’est aussi pour cela que j’aime bien m’abriter derrière des masques ou porter un bandeau sur l’œil, sur scène ou même dans le métro. J’aime pourvoir observer les réactions des gens sans qu’ils puissent voir les miennes.
JOHN LENNON - Isolation
(album Plastic Ono Band, 1970)
C’est justement une chanson où Lennon dévoile de manière très crue et très sincère ses sentiments les plus intimes. Il prend le risque de l’impudeur mais avec un tel talent que ça passe sans problème. Je peux aisément m’identifier à cette sensation d’isolement qu’il dépeint avec brio dans ce titre, même si je n’ai jamais été et que je ne serai jamais une star coupée du monde réel. Au bout du compte, l’écriture est un processus extrêmement solitaire, presque ascétique : à un moment donné, il faut se retrouver seul face à soi-même pour trouver sa propre voie. C’est à ce prix que l’on peut arriver à composer des chansons originales.