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Knowle West Boy
archive mag juillet 2008
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L'œuvre de Tricky a toujours été sous-estimée par rapport à celle de Massive Attack. Non seulement ce membre originel du Wild Bunch a joué un rôle non négligeable dans la réalisation de Blue Lines (1992), seul disque encore écoutable de la machine bristolienne, mais il a ensuite signé coup sur coup trois grands albums, Maxinquaye (1995), Nearly God (1996) et la planète noire Pre-Millenium Tension (1996), alors que 3D et ses sbires dévalaient la pente des lauriers plein les bras. Le problème de Tricky, pendant longtemps, a été son hyperactivité. Elle l'a mené a produire quelques bouses certifiées (Angels With Dirty Faces, 1998) et, surtout, a dispersé l'attention de son public. Si bien qu'on l'avait presque rayé de nos cartes mentales, oubliant de prendre de ses nouvelles depuis Vulnerable (2003). Loin des yeux, loin du cœur ? Pas forcément. Mais en cinq ans, le monde de la musique a bien changé. Et si 2008 voit un retour des anciens du trip hop (dernière en date, son ex-muse Martina Topley Bird), on ne peut pas dire que ce soit l'évènement de l'année, ni même une bonne nouvelle. Knowle West Boy ne fait pas exception (Third de Portishead occupe parfaitement ce rôle) : du Tricky pur jus, des sons et ambiances d'une époque révolue. Blues cinématique, soul capiteuse, beats urbains lourds, fumées jamaïcaine, érotisme de backroom. La voix de panthère en sourdine, griffant les trémolos des divas adolescentes entre deux raggas de potes de bringue. Le coup de vieux est flagrant. Et puis quand même, le kid avait plus de classe quand il reprenait Siouxsie & The Banshees qu'ici le Slow de Kylie Minogue, l'une des fausses bonnes idées de ce disque éventé. Résultat : plus encore qu'hier, Tricky ne va pas nous manquer.
Michaël Patin
article extrait de :
MAGIC RPM #122
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