En 1997 Trans Am était un groupe singulier, vilain canard d'un courant post-rock déjà trop sérieux. Ce trio compilait au contraire des rythmes inhabituellement bourrins et de vieux claviers 80's. En 2002, la formule qui caractérise le trio n'a évolué que par l'adjonction d'un ton plus facétieux... Et voilà le trio malheureusement rattrapé par une hype déjà dépassée, celle de la nébuleuse Fischerspooner/Miss Kittin qui combinait, elle aussi, rythmiques martiales, vieux claviers et humour éventé. C'est, il est vrai, le propre des groupes affiliés à un courant "savant" que de tenter en général de se renouveler par plus de pétulance. Mais, à cet exercice-là, seuls quelques grands tels que Can s'étaient distingués favorablement en livrant en fin de carrière deux trois disques mineurs mais plaisants, qui tendaient vers le reggae ou la disco. Trans Am, de loin pas aussi talentueux, aurait dû s'en tenir à son habituel plagiat des meilleurs moments de Nitzer Ebb et de la cold-wave belge, plutôt que de s'essayer à de curieux morceaux parodico-virils chantés à la façon de David Lee Roth (alors que Daft Punk nous a définitivement dégoûté de la récup' Van Halen sur le vilain Aerodynamic). Il n'est pas interdit de prendre un plaisir aussi coupable que très fugace à cette blague musclée qu'est TA, mais, en terme stratégique, Trans Am n'aurait jamais dû sortir aujourd'hui ce disque "crypto Gigolo".