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Trans Am, trio ainsi nommé car l'un de ses membres est un "trans-américain" originaire d'Argentine, n'hésite pas une seconde à  revendiquer la paternité du post-rock. Et d'aucuns de prendre leurs jambes à  leur cou, estimant le genre dangereusement près de sa date limite de consommation... À l'image de ses prédécesseurs, Liberation, huitième album du groupe, est loin des clichés habituels du genre : longues plages évasives, le plus souvent en mode mineur, entrecoupées d'orages violents. Enregistré dans leur propre studio de Wahington DC, ce post-rock au son brut de décoffrage et d'un format plus ramassé, rappelle l'aspect climatique qui caractérise la ville de Chicago, (surnommée outre-Atlantique, la "ville-vent"), siège de Thrill Jockey, label reposant sur les épaules d'amis et camarades d'aventures soniques. On pense à  ces bourrasques énergiques qui presque constamment sinuent avec célérité entre les gratte-ciel ultramodernes et les moindres recoins de la capitale boursière américaine, haut lieu d'échange des matières premières au profit du pot de fer. Trans Am souffle contre l'apathie résignée de ses concitoyens face à  la "busherie" en quatorze titres poussés à  température de fusion par des lignes de basse agressives qui déferlent inexorablement, des guitares anguleuses, furax et un peu déglinguées, des batteries programmées super mordantes et, bien sûr, des samples du célèbre menteur et va-t-en-guerre... Alors, Trans Am post-rock or not post-rock ? Post-rock oui et post-funk aussi, avec rage et conscience à  l'instar de Gang Of Four, P.I.L, New Order, Wire et A Certain Ratio...
Marc Gourdon
MAGIC RPM  #78
article extrait de :
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