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Future World de Trans Am

chronique d'album
Amis du post-rock, amateurs de langueurs jazzy et d'électronique bien dégagée autour des oreilles, passez votre chemin. Camarades bruitistes, sympathisants du n'importequoi-pourvu-que-ça-mousse, militants new wave tendance radicale (Wire, The Fall, etc...), bienvenue dans le Future World de Trans Am, trio dangereusement rétrograde mais jouissif. Car il en faut du courage pour s'attaquer ainsi à une couleur musicale que l'on croyait disparue depuis des lustres. Ces synthés d'une époque analogique qui vous réfrigèrent un morceau en moins de deux, cette course folle de rythmes syncopés très datée eighties, ce raffut primaire de guitares hachées menues... La belle époque ! Ces concepts jusqu'au boutistes dont Trans Am récupère surtout les os (alors qu'il aurait fallu la chair) font toujours aussi froid dans le dos. Seulement, et l'on en a eu la preuve avec Surrender To The Night, leur précédent opus, nos Trans Am ne savent pas terminer leurs albums. À mi-course, épuisés par tant d'efforts, les voilà qui laissent leurs programmations synthétiques en roue libre. Plus d'électricité paroxystique, place aux bidouillages électros et cela commence à devenir intéressant. Mais quelle schizophrénie ! Le jour, TransAm s'énerve, la bave aux lèvres et le rôt pas bien loin, mais la nuit, il danse le breakbeat, s'essaye au moonwalk et drague les copines sur le dancefloor. Alors faut-il conseiller au fan de DMX Krew une moitié de ce disque et tendre l'autre bout à l'amateur de Bitch Magnet ? Seul verdict, TransAm est un groupe cornélien qui s'ignore.
Hervé Crespy
MAGIC RPM  #29
article extrait de :
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