La lecture du seul nom
de Tracey Thorn suffit à faire affleurer une foule de souvenirs et de
sentiments encore vivaces. De la passion, oui, on en a éprouvé et pas qu’un
peu, pour cette voix si marquante capable d’inscrire avec une grâce quasi céleste
ces Missing et autres Protection au Panthéon des tubes pop de la
fin du XXe siècle. Et puis, au fil des ans, l’amour s’était peu à
peu mué en son contraire : non pas la haine mais plutôt l’indifférence
suscitée notamment, au terme d’un congé maternité de sept ans, par un premier
album solo fade et décevant (Out Of The Woods, 2007) où la balourdise
des arrangements électroniques avait brisé le charme fragile et délicat d’un
organe unique. Et lorsque l’on s’aperçoit que le nom d’Ewan Pearson, principal
responsable de ces enrobages sonores disgracieux, figure encore au générique de
Love And Its Opposite, on se met à craindre le pire. La surprise n’en
est que meilleure !
Entièrement consacrées à l’évocation subtile des évolutions tortueuses du sentiment amoureux, souvent recentrées sur des tonalités plus acoustiques et plus intimes qui mettent parfaitement en valeur les nuances de l’interprétation, les dix chansons renouent avec une forme de confort classique qui ne dépaysera pas les fans les plus anciens d’Everything But The Girl : le dépouillement désabusé du single Oh, The Divorces! résonne en écho lointain aux confessions sans fard d’Amplified Heart (1994), la reprise de Come On Home To Me de Lee Hazlewood en duo avec Jens Lekman semble tout droit sortie du mini-album de reprises Acoustic (1992), et le tubesque Hormones remet au goût du jour les accents pop imparables de l’antique Love Not Money (1985). En l’occurrence, ces quelques reculades salutaires vers un passé glorieux constituent paradoxalement le moyen le plus efficace pour reprendre l’élan nécessaire avant le grand bon en avant.
Entièrement consacrées à l’évocation subtile des évolutions tortueuses du sentiment amoureux, souvent recentrées sur des tonalités plus acoustiques et plus intimes qui mettent parfaitement en valeur les nuances de l’interprétation, les dix chansons renouent avec une forme de confort classique qui ne dépaysera pas les fans les plus anciens d’Everything But The Girl : le dépouillement désabusé du single Oh, The Divorces! résonne en écho lointain aux confessions sans fard d’Amplified Heart (1994), la reprise de Come On Home To Me de Lee Hazlewood en duo avec Jens Lekman semble tout droit sortie du mini-album de reprises Acoustic (1992), et le tubesque Hormones remet au goût du jour les accents pop imparables de l’antique Love Not Money (1985). En l’occurrence, ces quelques reculades salutaires vers un passé glorieux constituent paradoxalement le moyen le plus efficace pour reprendre l’élan nécessaire avant le grand bon en avant.
1 réaction réagir
compo impeccable , elle n a jamais chanté aussi bien!!!!mention speciale pr HORMONES et SWIMMING