Pas plus tard que hier soir, jeudi 11 février, Toy Fight prenait d'assaut le clinquant Scopitone de Paris, histoire d'incarner sur scène les joyeusetés mélodiques que ces électrons pop ont l'habitude de trousser en commun. V'là un compte-rendu circonstancié par notre envoyé spécial Sébastien Jenvrin.
Depuis la sortie de Peplum en mai 2009, nous n’avions plus beaucoup de nouvelles du sextette français, et comme Maxime Chamoux l’a lui-même confié, "cela faisait belle lurette qu’[ils] n’étaient pas venus jouer à Paris". L’attente était donc de taille, surtout quand on se rappelle à quel point leur album mirifique avait enchanté – et continue de le faire – nos instants de vie routiniers. Hier soir, jeudi 11 février, bravant le froid sibérien et la tempête de neige (running gag météorologique de la soirée), Toy Fight était de retour au cœur de la grande ville pour un concert exécuté dans l’ambiance calfeutrée et chaleureuse du Scopitone.
Hélas, ils n’étaient pas seuls. L’auditeur chevronné a d’abord dû se farcir la prestation acoustico-épileptique du grand Suédois Tingsek. Pas finaud pour deux sous, le grand gaillard a cru qu’en secouant davantage sa caboche et en braillant un peu plus sa blue-eyed soul de supérette, il allait enflammer la boîte et envoyer au septième ciel les quinze pelos venus le supporter. Allez gamin, tape dans tes mains et paye tes good vibes ! Mais il n’est pas dupe le gars qu’est venu voir Toy Fight, et il attend tranquillement son heure, boudant la bonne humeur ambiante. Une fois terminé le set du loustic le plus grimaçant de la planète après Jim Carrey, c’est la gracieuse Mina Tindle, Pauline de Lassus dans la vraie vie, qui monte seule sur scène. Et ça pour une surprise...
La jeune femme, qui a l’habitude de collaborer avec les Lyonnais, prévient d’emblée : "ce soir je ne chanterai pas et ne jouerai pas de mélodica avec Toy Fight comme à l’habitude". Après un premier morceau exécuté en solo, Maxime Chamoux (synthé) et l’homme-orchestre Guillaume Villadier (xylophone, melodica, tambourin, guitare... pas tout en même temps, mais presque !) la rejoignent sur scène. Au gré de cette idéale mise en bouche organisée « à l’arrache », on n'entendra hélas que quelques minutes la voix chatoyante et fragile de la jeune Parisienne. Le temps pour elle de dessiner succinctement les contours de son univers folk lo-fi.
22h et des bananes... C’est sur les chapeaux de roue que les p’tits gars – réduit à l’état de quintette, donc - démarrent leur concert avec un High Noon du feu de Dieu. La machine mélodique s’emballe, brinqueballe, s’agite dans tous les sens avant de balancer la purée. Malgré l’absence de la trompette façon The Pale Fountains, le plus tubesque de leur titre fonctionne du tonnerre sur scène, l’énergie du batteur Jean Thévenin y étant pour beaucoup. Le public, timidement posté en arrière, est gentiment invité à s’approcher. Les morceaux les plus remuants de leur répertoire s’enchainent alors, le potentiel ondoyant de Bob II trouvant une seconde jeunesse grâce à la communion scénique.
Le charme mélancolique de Lisa’s Box, suivi de près par Les Indes Noires, vient calmer les ardeurs et marquer une pause. Profitant de cette accalmie (et de la sobriété inhérente au prix du coup de gnôle), l’auditeur, conquis mais toujours attentif, pouvait alors découvrir un nouveau titre, Streetlights, qui renoua avec l’énergie des premiers morceaux de la soirée et permit aux artistes de se rassurer sur l’efficacité de leur création inédite. Les sifflotements et claquements de mains qui rythmèrent The If Song venaient à point nommé pour emballer la salle, avant que les joyeux lurons effectuent un (faux) rappel.
Après un set plutôt impecc’ - pas de grande surprise au programme, mais peut-on leur en vouloir quand on sait la minutie nécessaire à toute orfèvrerie pop ? -, la soirée pouvait s’achever sur la reprise musclée de The Go-Betweens, The House That Jack Kerouac Built. Et le p’tit loulou de rentrer chez lui, le cœur léger et des mélodies plein la tête.
> Setlist du concert de Toy Fight au Scopitone de Paris :
01. High Noon
02. Bob II
03. Minute Song
04. Where The Avalanches Are
05. Trucmuche (The Punch Line)
06. Lisa’s Box
07. Les Enfants
08. Les Indes Noires
09. Streetlights (inédit)
10. A Drum Drum Boy
11. Your Own Fireworks
12. The If Song
- Rappel :
13. Golden Make Up
14. The House That Jack Kerouac Built (The Go-Betweens cover)
Depuis la sortie de Peplum en mai 2009, nous n’avions plus beaucoup de nouvelles du sextette français, et comme Maxime Chamoux l’a lui-même confié, "cela faisait belle lurette qu’[ils] n’étaient pas venus jouer à Paris". L’attente était donc de taille, surtout quand on se rappelle à quel point leur album mirifique avait enchanté – et continue de le faire – nos instants de vie routiniers. Hier soir, jeudi 11 février, bravant le froid sibérien et la tempête de neige (running gag météorologique de la soirée), Toy Fight était de retour au cœur de la grande ville pour un concert exécuté dans l’ambiance calfeutrée et chaleureuse du Scopitone.
Hélas, ils n’étaient pas seuls. L’auditeur chevronné a d’abord dû se farcir la prestation acoustico-épileptique du grand Suédois Tingsek. Pas finaud pour deux sous, le grand gaillard a cru qu’en secouant davantage sa caboche et en braillant un peu plus sa blue-eyed soul de supérette, il allait enflammer la boîte et envoyer au septième ciel les quinze pelos venus le supporter. Allez gamin, tape dans tes mains et paye tes good vibes ! Mais il n’est pas dupe le gars qu’est venu voir Toy Fight, et il attend tranquillement son heure, boudant la bonne humeur ambiante. Une fois terminé le set du loustic le plus grimaçant de la planète après Jim Carrey, c’est la gracieuse Mina Tindle, Pauline de Lassus dans la vraie vie, qui monte seule sur scène. Et ça pour une surprise...
La jeune femme, qui a l’habitude de collaborer avec les Lyonnais, prévient d’emblée : "ce soir je ne chanterai pas et ne jouerai pas de mélodica avec Toy Fight comme à l’habitude". Après un premier morceau exécuté en solo, Maxime Chamoux (synthé) et l’homme-orchestre Guillaume Villadier (xylophone, melodica, tambourin, guitare... pas tout en même temps, mais presque !) la rejoignent sur scène. Au gré de cette idéale mise en bouche organisée « à l’arrache », on n'entendra hélas que quelques minutes la voix chatoyante et fragile de la jeune Parisienne. Le temps pour elle de dessiner succinctement les contours de son univers folk lo-fi.
22h et des bananes... C’est sur les chapeaux de roue que les p’tits gars – réduit à l’état de quintette, donc - démarrent leur concert avec un High Noon du feu de Dieu. La machine mélodique s’emballe, brinqueballe, s’agite dans tous les sens avant de balancer la purée. Malgré l’absence de la trompette façon The Pale Fountains, le plus tubesque de leur titre fonctionne du tonnerre sur scène, l’énergie du batteur Jean Thévenin y étant pour beaucoup. Le public, timidement posté en arrière, est gentiment invité à s’approcher. Les morceaux les plus remuants de leur répertoire s’enchainent alors, le potentiel ondoyant de Bob II trouvant une seconde jeunesse grâce à la communion scénique.
Le charme mélancolique de Lisa’s Box, suivi de près par Les Indes Noires, vient calmer les ardeurs et marquer une pause. Profitant de cette accalmie (et de la sobriété inhérente au prix du coup de gnôle), l’auditeur, conquis mais toujours attentif, pouvait alors découvrir un nouveau titre, Streetlights, qui renoua avec l’énergie des premiers morceaux de la soirée et permit aux artistes de se rassurer sur l’efficacité de leur création inédite. Les sifflotements et claquements de mains qui rythmèrent The If Song venaient à point nommé pour emballer la salle, avant que les joyeux lurons effectuent un (faux) rappel.
Après un set plutôt impecc’ - pas de grande surprise au programme, mais peut-on leur en vouloir quand on sait la minutie nécessaire à toute orfèvrerie pop ? -, la soirée pouvait s’achever sur la reprise musclée de The Go-Betweens, The House That Jack Kerouac Built. Et le p’tit loulou de rentrer chez lui, le cœur léger et des mélodies plein la tête.
> Setlist du concert de Toy Fight au Scopitone de Paris :
01. High Noon
02. Bob II
03. Minute Song
04. Where The Avalanches Are
05. Trucmuche (The Punch Line)
06. Lisa’s Box
07. Les Enfants
08. Les Indes Noires
09. Streetlights (inédit)
10. A Drum Drum Boy
11. Your Own Fireworks
12. The If Song
- Rappel :
13. Golden Make Up
14. The House That Jack Kerouac Built (The Go-Betweens cover)