Biographie
À la fin de l’année 1991, Stuart Staples abandonne, dans l’indifférence générale, la chrysalide Asphalt Ribbons pour éclore avec son nouveau groupe, le papillon Tindersticks. Il a gardé quelques compagnons de Nottingham (à savoir le claviériste David Boulter et le multi-instrumentiste Dickon Hinchcliffe), auxquels se sont adjoint trois Londoniens (le guitariste anguleux Neil Fraser, le bassiste Mark Colwill et le batteur Al MacCauley) et cette fois-ci, la magie a opéré. En assumant ses référents – Nick Cave et le génial Lee Hazlewood en tête –, la formation sort sur son propre label, Tippy Toe Records, une poignée de singles renversants, où la mélancolie est portée en étendard. Vite signé sur Island, Tindersticks se paye le luxe d’offrir un premier album double et éponyme (1993), où ambiances latines et atmosphères romanesques se télescopent pour créer la bande son d’un film imaginaire. À un éclectisme musical étonnant et original s’ajoute la voix de baryton embrumée de Stuart Staples, crooner désillusionné et magnifique. Une sorte de culte se forme vite autour du groupe, en particulier sur le Vieux Continent, un culte nourri par des prestations scéniques envoûtantes. Un tournant musical, plus soul, s’opère avec le troisième Lp, Curtains, réalisé en 1997. Entre temps, Tindersticks a réalisé la BO du film de Claire Denis, Nénette et Boni (1996), collaboration renouvelée en 2001 pour le film Trouble Every Day. Des albums live, tel The Bloomsbury Theatre 12-03-95, viennent aussi régulièrement émailler une discographie aussi pléthorique que ludique. 2001 est l’année de sortie du cinquième Lp, Can Our Love…, qui ponctue dix années d’une carrière célébrées en grande pompe en la salle du Botanique de Bruxelles, quatre jours durant. Depuis Waiting For The Moon (2003), plus introspectif et plus dépouillé, on pensait que la formation avait dit son dernier mot (maux ?), d’autant plus que son charismatique leader s’était lancé, avec brio, dans une carrière solo émaillé de deux albums. Pourtant, le sextette ne pouvait s’empêcher de resurgir de temps à autre pour donner de ces concerts dont il a le secret… Et aujourd’hui, dans une formation quelque peu remaniée – seuls restent Stuart, David et le guitariste Neil Fraser –, il livre un nouvel album, The Hungry Saw, enregistré dans la Creuse, où Stuart Staples réside depuis deux ans et quelques, et preuve que Tindersticks a encore de belles heures devant lui.