Le changement dans la continuité. Ainsi vont les Tindersticks, un des groupes majeurs de la décennie. D'ailleurs, si on tient Stuart Staples et son orchestre classieux en aussi haute estime, c'est pour cette superbe constance, jamais prise en défaut en six années d'existence. C'est aussi pour cette manière de se renouveler sans jamais se répéter. Ouvrant ce quatrième album par un nouveau duo masculin-féminin du plus bel effet (Can We Start Again?), les Tindersticks adressent un énième clin d'oeil à Lee Hazlewood et Nancy Sinatra, dépositaires du genre. Sur les six minutes de Before You Close Your Eyes, l'échange vocal se fait plus retors, quelque part entre une ballade symphonique et le free jazz. Tout aussi entêtant, le parfait instrumental From The Inside. Plus classiques, les autres chansons baignent dans les arrangements capiteux et sombrent dans la voix caverneuse de Staples. En moins de quarante-cinq minutes, les Tindersticks signent leur album le plus concis, léger et apaisé. Un plaisir simple à écouter sans modération.