En 2008, les Tindersticks remaniés publiaient The Hungry Saw après un silence
discographique de près de cinq ans, uniquement ponctués par les projets solitaires
et enfantins de leur leader Stuart A. Staples. Ce retour en grâce est
aujourd’hui confirmé par cet entêtant Falling Down A Mountain. Si on exclut les bandes originales de films pour Claire
Denis, les enregistrements live et autres compilations rétrospectives, il ne
s’agit là que du huitième album du groupe en dix-huit ans d’une carrière
exemplaire, loin des modes mais si proches de nous. Car il n’y a rien de plus
rassurant que l’inquiétude soyeuse de ces chansons au brou de noix, arrivant à
conjuguer les simples plaisirs de l’humidité d’un sous-bois et la douce
chaleur, l’élégance d’un peignoir de mac.
Et c’est avec le morceau inaugural en forme de festival que le signal de la promenade est lancée, ceFalling Down A Mountainhabité par la trompette fantôme de Terry Edwards qui emmène Joy Division chez les mariachis, sorte de jazz mutant qui vous collera assurément aux semelles jusqu’à la fin des frimas hivernaux et probablement bien plus tard encore. Après cette entrée en matière d’une teneur organique et émotive aussi impressionnante, le digne orchestre n’a plus qu’à dérouler son tapis de douceurs (Keep You Beautiful), variant d’un ton sérieux (Peanuts, en duo avec Mary Margaret O’Hara) à des titres qui, s’ils semblent plus badins (She Rode Me Down, chouette chanson de cow-boys que Joe Dassin aurait pu reprendre) ou enjoués (Black Smoke, No Place So Alone), n’en restent pas moins une éclatante confirmation de leur indomptable génie.
Depuis ses débuts (Milky Teeth, 1992), cette formation a réussi à nous rendre accros, distillant ses chansons avec soin et sachant entretenir la rareté du breuvage. C’est ce qu’on répondra aux imprudents qui auront l’imbécillité de trouver ce disque trop court (dix morceaux dont deux instrumentaux, et alors ?), ne sachant pas l’immense privilège qu’ils ont de côtoyer une si grande enseigne. Dans les albums des Tindersticks, grand groupe de soul, on entend toujours indistinctement et l’amour et la pluie.
Et c’est avec le morceau inaugural en forme de festival que le signal de la promenade est lancée, ceFalling Down A Mountainhabité par la trompette fantôme de Terry Edwards qui emmène Joy Division chez les mariachis, sorte de jazz mutant qui vous collera assurément aux semelles jusqu’à la fin des frimas hivernaux et probablement bien plus tard encore. Après cette entrée en matière d’une teneur organique et émotive aussi impressionnante, le digne orchestre n’a plus qu’à dérouler son tapis de douceurs (Keep You Beautiful), variant d’un ton sérieux (Peanuts, en duo avec Mary Margaret O’Hara) à des titres qui, s’ils semblent plus badins (She Rode Me Down, chouette chanson de cow-boys que Joe Dassin aurait pu reprendre) ou enjoués (Black Smoke, No Place So Alone), n’en restent pas moins une éclatante confirmation de leur indomptable génie.
Depuis ses débuts (Milky Teeth, 1992), cette formation a réussi à nous rendre accros, distillant ses chansons avec soin et sachant entretenir la rareté du breuvage. C’est ce qu’on répondra aux imprudents qui auront l’imbécillité de trouver ce disque trop court (dix morceaux dont deux instrumentaux, et alors ?), ne sachant pas l’immense privilège qu’ils ont de côtoyer une si grande enseigne. Dans les albums des Tindersticks, grand groupe de soul, on entend toujours indistinctement et l’amour et la pluie.