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Tickley Feather
archive mag mai 2008
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Telle une
princesse claudicante, Annie Sachs navigue sans cesse entre l’indigence et la
sublimation. Sorte d’Ariel Pink au féminin oxygénée par des émanations
shoegazing, la muse esseulée de Tickley Feather manie son 4-pistes comme
d’autres partent à confesse. Avec une dévotion et une humilité attachantes. Les
vingt pastilles musicales collectées ici ne dépassent que rarement la double
minute, et vacillent sans cesse sur la charpente aigrelette dressée par une
boîte à rythme en déchéance. Des notes de synthés qui se prélassent et des
effets soniques aussi court-circuités que fugitifs finissent d’ériger cette
lo-fi extrêmisée où s’entremêlent tendresse et maladresse, voire espièglerie
lorsque Annie Sachs fait intervenir son mioche de cinq ans pour des interludes
vocaux balbutiés. Mais le charme qui se dévisage tout au long de cette
demi-heure brinquebalante aurait mérité une évidence mélodique et une
réalisation plus affirmées pour séduire totalement. À vrai dire, la musique de
Tickley Feather lévite en permanence sur ses propres failles. À l’auditeur de
parvenir à s’y engouffrer.
AnnA Lester
article extrait de :
MAGIC RPM #120
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