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Il est toujours frustrant de constater à quel point le succès pousse certains artistes à se répéter, à ne pas se départir d'une formule soudain consacrée et Dieu sait si l'industrie du disque les y incite avec plus ou moins de violence. Thomas Dybdahl, dont le premier album lui valut il y a quelques mois les salutations de la presse, un Grammy Award local et le titre galvaudé de Nick Drake norvégien, sort un nouveau disque quasi identique alors qu'on eut pu attendre du jeune prodige davantage de surprise. Pour être tout à fait honnête, admettons que Stray Dogs, peut-être davantage introspectif que son prédécesseur, contient des titres de toute beauté (Pale Green Eyes, Rise In Shame, The Willow...), où Dybdahl donne l'étendue de ses talents vocaux (qui évoquent plus Tim que Jeff Buckley malgré ce qu'on lit ici et là) dans un brouillard de piano, d'orgue et de guitare folk. Mais trop souvent, le musicien se contente d'accommoder des paroles d'un confondant simplisme à des sauces mille fois servies. Pour éviter de s'encroûter définitivement et cesser de s'apitoyer sur lui-même, Thomas Dybdahl aurait bien besoin d'un bon coup de pied au cul.
GILLES DUHEM
MAGIC RPM  #91
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