John Dwyer,
l'alchimiste qui sublime tout ce qu'il touche est de retour. Le choix de la
forme peut paraître en soi comme une demi-déception. On avait connu notre
tatoué plus aventurier et ne s'attardant jamais plus de deux années de suite
sur un même projet, allant au gré de son imagination débridée. Ainsi, le rock à
la testostérone de Thee Oh Sees est devenu, semble-t-il, l'obsession principale
de ce San Franciscain, auteur d'une discographie imposante flirtant avec la
noise (Pink & Brown), l'electro violente (Zeigenbock Kopf) et le carnaval
moderne bruitiste (The Hospitals, The Coachwhips). L'éponyme et introductif Warm Slime, ses treize minutes et trente secondes, sa moiteur crasseuse et son
inimitable énergie éloignent d'emblée les quelques réserves du préambule. Un
titre aux accents de blues rappelant The Gun Club, une exhortation estivale à
profiter d'une chaleur écrasante.
La face B, où l'on sent la fantomatique présence de Lux Interior, est composée de six chansons courtes qui renvoient aux différents genres du rock'n roll des années 50 à 80. Le rockabilly, le garage, le R&B et le psychédélisme sont ainsi ingérés par ce monstrueux Warm Slime, sorte d'organisme imaginaire capable d'assimiler la sueur, le sang, la poussière, les saturations et toutes les formes du rock sur son passage. Derrière l'apparente austérité, le passéisme de façade et l'absence présumée de prétentions arty, cet énième album de Thee Oh Sees (le mieux produit à ce jour) n'en est pas moins un acte de bravoure irradiante. Peut-être l'un des disques les moins convenus de l'été et la promesse de grands moments lors des festivals saisonniers.
La face B, où l'on sent la fantomatique présence de Lux Interior, est composée de six chansons courtes qui renvoient aux différents genres du rock'n roll des années 50 à 80. Le rockabilly, le garage, le R&B et le psychédélisme sont ainsi ingérés par ce monstrueux Warm Slime, sorte d'organisme imaginaire capable d'assimiler la sueur, le sang, la poussière, les saturations et toutes les formes du rock sur son passage. Derrière l'apparente austérité, le passéisme de façade et l'absence présumée de prétentions arty, cet énième album de Thee Oh Sees (le mieux produit à ce jour) n'en est pas moins un acte de bravoure irradiante. Peut-être l'un des disques les moins convenus de l'été et la promesse de grands moments lors des festivals saisonniers.