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The Master's Bedroom Is Worth Spending A Night In de Thee Oh Sees

chronique d'album
La simple évocation du nom de John Dwyer suffit à emplir l'auditeur initié d'enthousiasme ou d'effroi. Auteur de nombreux projets aussi différents qu'intransigeants, ce multi-instrumentiste sanfranciscain conçoit chacun de ses disques comme Tarantino réalise des films de genre. De la neue deusche welle apocalyptique et gay de Zeigenbock Kopf à ses pérégrinations noise avec The Hospitals, en passant par la no-wave dansante de The Coachwips et le cocktail d'énergie brute et bruitiste du défunt duo Pink & Brown, on sait le goût de notre insaisissable homme aux mille visages pour ne rien faire comme les autres et brouiller sans cesse les pistes. Lorsqu’il s'adonne aux genres plus communs que sont le folk et le rock au sein de OCS (devenu The Ohsees, puis Thee Oh Sees), il est difficile d'imaginer qu'il délaisse ses penchants dévoyés pour livrer un album exemplaire de classicisme.

Si les quatorze titres de The Master's Bedroom Is Worth Spending A Night In n'innovent guère par leurs sonorités (une production élégante et délicieusement rétro de John Sicket de TV On The Radio), le quatuor maîtrise à merveille cet art subtil de jouer du rock en se l'appropriant avec cette énergie fougueuse et si convoitée qui fait cruellement défaut aux groupes issus d'un revival agonisant. On pense instantanément au Fire Of Love(1981) de Gun Club à l'écoute de Visit Colonel, on oublie le dernier essai de The Kills pour de bon sur Graveyard Drug Party, on crie volontiers “NO aux Yeah Yeah Yeahs en acquiesçant avec un sourire démoniaque à l'évidence du titre Maria Stacks. Lucifer ouvre les portes de sa chambre et il serait regrettable de ne pas y passer la nuit…
Xavier Mazure
MAGIC RPM  #121


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