Au travers de ses multiples projets (The Coachwhips, Pink And Brown, Zeigenbock Kopf) et de plus d'une dizaine d'années d'enregistrements, John Dwyer est l'auteur d'une discographie dense et passionnante. Malheureusement, sa dernière production, Castlemania, est rarement à la hauteur des réussites passées. Pourtant, tout commence de la meilleure façon, avec ces mots d'un humour lucide et sans appel : “I don't feel too good to be dead in the 21st century ” (I Need Seeds). Plus loin, Dwyer réaffirme ce constat et persiste dans ses désillusions : “Be wounded and bloody, burning brightly and unsightly, an hommage to human-kind. But we're dead, dead, dead as I've already said” (Stinking Cloud). Bref, cet album aurait pu tout aussi bien s’intituler Thee Oh Sees Au Pays Du Dernier Homme.
Stinking Cloud
A Wall, A Century
Les seize titres restent dans cette tradition du garage foutraque et sans minauderie si chère à notre héros tatoué. Ce nouvel LP, présenté sur trois faces de vinyle, témoigne toujours de la facilité d'écriture du Californien, mais à défaut d'avoir fait un tri dans ses compositions et d'avoir réellement soigné ses chansons, il fatigue aussi très vite. Après s'être rassasié de quelques pépites (Stinking Cloud, A Wall, A Century) et avoir goûté au charme certain des quatre chansons qui clôturent le disque – la mélancolique The Horse Was Lost rappelle les interludes de The Sophtware Slump (2000) de Grandaddy –, on se dit que cette pitance est bien maigre en comparaison des plus belles réussites de Thee Oh Sees, en tête desquelles trône toujours l'excellent Sucks Blood (2007).