En kiosque actuellement Commander

Compte-rendu live - 18/02/10 de The xx

interviews
Après les acclamations critiques et le décrochage de pompon commercial, il était temps pour The xx de venir récolter les fruits de leur labeur sur scène. C'est chose faite cette semaine avec une excursion en France qui passait par Toulon dimanche dernier, à l'occasion d'un raout manigancé par les organisateurs du MIDI-Festival. Complet depuis des lustres, le Zénith Omega n'a pas manqué de célébrer le trio blafard, et notre petit bonhomme Alexandre Broche-Clary était de ces louangeurs. Il nous conte ici le déroulement de la messe.

Le premier MIDI concert de l’année se targuait d’une affiche à faire frétiller, avec pour débuter, These New Puritans (TNPS pour les intimes) venus défendre leur album célébré (quoique) Hidden. Sans le moindre round d’observation, les jumeaux Barnett imposent une cadence martiale avec le beat entêtant et les lourdes percussions de We Want War, tel le glas d’un affrontement imminent. Dès les premiers morceaux, ils délivrent une violence inouïe aux accents tribaux, l’ambiance obtenue est littéralement apocalyptique. L’atmosphère s’intensifie encore avec le rythme martelé par le batteur, agrémenté de samples orientaux et de voix étouffées à la Massive Attack. Des échos quasi-religieux ajoutent une dimension mystique, les éructations paranoïaques contribuent à cette descente aux enfers proposée aux spectateurs par des musiciens possédés. La batterie est superbement maltraitée dans l’ultime morceau, clôturant une performance noire et torturée, mais à l’exaltation réjouissante.

La relève est assurée par les très attendus The xx, le trio star qui n’a de cesse de bouleverser la blogosphère (comme les médias à papa) depuis de nombreux mois avec sa cold wave minimaliste et inventive. Tapis derrière un drap blanc, les musiciens se meuvent tranquillement avant d’apparaître pour nous offrir un Crystalised de haut vol. Leur fragilité adolescente est sublimée par le dépouillé et splendide Island, le public paraît déjà en apesanteur alors que leurs voix s’envolent. Sans jamais heurter le visiteur, les XX parviennent à nous charmer discrètement ; la suite est d’une finesse rare, telle une déclaration d’amour timide mais magnifique en ce soir de Saint Valentin. Avec introversion, sans pour autant sombrer dans l’autisme, les nouvelles vedettes seulement âgées d’une vingtaine d’années distillent des compositions candides et rêveuses. Dès les premières notes de VCR, la communion est parfaite. S’ensuit une reprise du hit funky de Kyla Do You Mind ?, accompagnée des susurrements de la chanteuse, le bassiste impose avec douceur et panache sa voix de glace.

La foule acclame ces véritables ovnis, tout droit tirés d’un film de David Lynch, qui peu à peu prennent le contrôle de chacun de nos sens comme pour nous confier leurs émotions juvéniles si particulières. La tension est à son comble, l’équilibre parfait des mélodies semble à chaque instant pouvoir se rompre. « I can give it up » répète la guitariste avec Infinity, comme pour s’en persuader, puis son acolyte s’acharne soudain sur la cymbale avant de nous abandonner à notre tour. Les musiciens se laissent désirer quelques instants avant de revenir prolonger la magie une poignée de minutes. L'alchimie a opéré durant ce MIDI concert, et ne reste plus à espérer que les irrésistibles londoniens, à l'aube d'une tournée internationale que l'on prédit harassante, sauront se montrer hermétiques aux affres des lauriers.

Alexandre Broche-Clary


Réagissez

Votre réaction :

Votre pseudo :

Prévisualiser