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Compte-rendu live - 16/06/2010 de The xx

interviews
Lundi soir, un escadron de gentilshommes était venu fouler les pavés du boulevard des Capucines pour assister au très attendu concert de The XX à l'Olympia. Parmi les heureux veinards, bibi était de la partie, histoire de faire le point après les deux coups durs essuyés par le groupe ces six derniers mois : le départ de la guitariste Baria Qureshi et le décès du père de la chanteuse Romy Madley Croft, qui provoqua l'annulation de plusieurs dates, dont celle de la Route du Rock hiver. [Par Sébastien Jenvrin]

Les lumières s'éteignent. Le public glousse de bonheur dans un même entrain collectif. D'entrée de jeu, c'est de derrière un immense voile, sur lequel apparaissent les trois ombres et un X géant, que les premières notes d’Intro résonnent. Comme à l'habitude, donc. Le coup du set millimétré qui recommence. Le rideau tombe et dévoile l’invariable décor uniquement orné de l'initiale cryptique lumineuse devant la console de Jamie Smith. Posté de chaque côté des planches, le duo de chanteurs-compositeurs Romy et Oliver révèle timidement leur teint aussi pâlot qu'un étron de laitier et leur accoutrement de corbeau suintant le mal-être adolescent. Non d'un petit emo-kid, va prendre le soleil !

Le trio commence fort en offrant une version habitée de leur premier single, l'excellent Crystalised. Une bribe d'accords relayée par un bel écho aérien, vrombissant jusqu'au plafond de l'Olympia, suffit à prendre aux tripes un auditoire complètement ébaubi. Très vite, The xx déroule son attirail nu-wave minimaliste teinté de blue-eyed soul, enchaînant sans transition les morceaux jumeaux Islands et Heart Skipped A Beat, suivi de près par un Fantasy pas piqué des hannetons, avant de subjuguer tout ce petit monde avec VCR et son accouplement de vocalises parfaitement complémentaires. Mais point d'enculade de chauves-souris ici.

Ces dernières prendront définitivement leur envol à l'heure du sublime – et meilleur titre de l'album – Night Time. A l'arrière de la scène, Jamie envoie valdinguer ses petits doigts dans les moindres recoins de sa boîte à rythme. Et les spectateurs de répondre aux vibrations de ses beats syncopés en gigotant comme des zinzins, les regards perdus dans l'immensité de l'envoûtement. Le spleen de Infinity, porté par la voix sensuelle et cotonneuse de Romy, vient rompre le dandinement des corps, transportant l'audience à bord d'un ovni sonore voguant entre Twin Peaks et Disintegration de The Cure. S'ensuit un boeuf instrumental pendant lequel Oliver lâche sa basse pour aller cogner sur les cymbales comme un frappadingue. Les trois Londoniens remercient la salle, qui se retrouve dans l'obscurité. Après une belle ovation, ils reviennent pour exécuter un rappel aussi prévisible qu’un résultat de l'Équipe de France.

Sous les constellations célestes qui planent au-dessus de nos trois chérubins, c'est le final Stars qui sonne le glas d'une soirée décidément réglée comme du papier à musique. Malgré le déluge d'applaudissements, on ne reverra pas les visages blêmes du trio qui file à l'anglaise, après avoir remercié timidement la foule conquise mais un chouïa sur sa faim. Comme elle, on regrette que le set ne se prolonge davantage, et l’on reste circonspect par tant de professionnalisme. Reste à espérer que ces bestioles nocturnes oseront un jour faire leur mue et se risquer un peu plus aux ondulations de la lumière du jour.
Sébastien Jenvrin


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