Erlend Øye est décidément insatiable. Non content d'avoir anticipé le renouveau du folk avec The Kings Of Convenience (deux albums impeccables, dont le prémonitoire Quiet Is The New Loud, en 2001), le Norvégien roux à lunettes a entamé une carrière solo, le temps d'un disque à moitié raté (Unrest, en 2003) et d'une compilation complètement réussie (Dj-Kicks, en 2004), sans parler de featurings toujours soignés. Le revoilà aujourd'hui avec The Whitest Boy Alive, son groupe electro pop formé en 2003 et déjà remarqué ici ou là. La particularité de ce projet à vocation dansante est de n'utiliser aucune programmation. Guitare, Rhodes, basse et batterie constituent donc l'ossature instrumentale de The Whitest Boy Alive. Dès Burning (du Kings Of Convenience chaloupé), la voix angélique d'Erlend Øye situe l'auditeur en terrain conquis. La suite est au diapason, entre bidouillages impromptus (Above You) et clins d'oeil référencés (Inflation et son intro piquée à la Happy Together des Turtles). À tel point que Dreams passe comme une lettre à la Poste. D'aucuns regretteront sans doute le caractère parfaitement inoffensif, mais l'on connaît trop les vilaines appétences commerciales de ses compatriotes de Röyksopp pour ne pas souligner la modestie affichée d'Erlend Øye à travers ce projet parallèle qui ne manque ni de relief ni de consistance.