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Take Fountain

archive mag novembre 2005
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Apparu au milieu des années 80, The Wedding Present portait dès sa genèse les caractéristiques les plus remarquables de la pop moderne. Un jeune homme encore étudiant, écorché vif, qui monte un groupe sur un label indépendant et qui réussit, en exprimant ses émotions, à parler à toute une génération. Musicalement, le manifeste du Wedding, transcendé sur le morceau d’anthologie Kennedy, s’exprimait simultanément dans la vitesse supersonique de la guitare rythmique de David Gedge et dans sa voix fragile, parfois irritable mais pourtant si proche de nous. Dans le contexte noisy pop du début des années 90, s’ensuivirent des albums mémorables comme Seamonsters (1991), où la force de frappe trouvait son sommet dans la succession de passages intimistes et l’explosion de guitares saturées. Mais l’ingéniosité de la formation de Leeds était aussi dans son rapport au disque (la série de douze 45 tours édités sur une année, compilés dans Hit Parade 1 & 2). Puis, sans qu’on ne puisse vraiment l’expliquer, The Wedding Present est passé de tournées triomphales à l’invisibilité, avant de disparaître corps et âme. En cause, l’amour peut-être, qui amena son leader à fonder Cinerama avec sa girlfriend Sally Murrell à la fin des années 90, pour un songwriting à la fois plus atmosphérique et arrangé. Mais la vie (du rock) est pleine de surprise, et revoilà Gedge célibataire mais à la tête d’un Wedding Present qui se réveille en forme, dans une époque où les guitares sont à l’honneur. On pourrait dire que l’album du retour se déploie autour de deux modèles de compositions. Les premières sont proches du Wedding Present de toujours et de très bonne qualité. Derrière le single Interstate 5, pop song nerveuse qui emmène tout sur son passage, des morceaux tels que Always The Quiet One, I’m From Further North, Ringway To Seatac, Don’t Touch That Dial ou It’s For You amènent à la question suivante : comment a-t-on pu se passer autant de temps de The Wedding Present ? Reste que l’on compense légèrement cet enthousiasme débordant par la sensation plus mitigée éprouvée par les quelques ballades post-Cinerama. Mais cette réserve ne doit surtout pas masquer cet inespéré retour en grâce.

Gérôme Guibert

magazine num 95 article extrait de :
MAGIC RPM #95


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