"Anachronique !" C'est sans doute ce que penseront la plupart des auditeurs qui auront jeté par hasard par chance, en fait ! une oreille sur ce premier album de The Tyde, sextette originaire de Los Angeles et mené par le compositeur maison Darren Rademaker. Mais qu'importe... Car il faudra surtout retenir que ce gaillard en connaît un rayon en matière d'écriture limpide et contagieuse, tout comme il maîtrise sur le bout des doigts son petit manuel de L'Histoire Des Groupes Et Des Albums Cultes. Car, tout au long des neuf compositions de Once, l'homme assume de sacrées références. Alors que nombre de ses contemporains s'évertuent encore à piller les Smiths (sommeil...), lui se souvient que lors de la même décennie existaient d'autres formations quelque peu plus créatives et envoûtantes. À commencer par Felt, omniprésent tout au long de ce disque ensoleillé, cité via le morceau Space Blues dans l'accrocheur All My Bastard Children, ou bien récité avec passion sur un Get Around qui donne l'impression d'être tout droit sorti de Me And A Monkey On The Moon. Et lorsque le fantasque Lawrence est évincé pour quelques minutes seulement , c'est pour laisser la place aux Go-Betweens avec l'entraînant New Confessions. Dans le même esprit, Rademaker semble n'avoir retenu de Dylan que l'un de ses albums les plus mésestimés l'impeccable Nashville Skyline et a retrouvé, sans effort apparent, la magie d'une chanson comme Threw It All Away à plus d'une reprise. Chapeau. Puisque, et là n'est pas le plus mince des exploits, The Tyde évite toujours le piège périlleux de la pâle copie carbone pour offrir une oeuvre au charme certes un peu désuet. Un parfait compagnon pour tous ceux qui aiment, de temps à autres, se replonger dans une musique organique, passionnée et incroyablement vivante.