Forcément, on entend un
accent écossais rocailleux, et donc assumé, alors on s’emballe. Et quand il est
nimbé d’atmosphères étranges et grinçantes, comme si la new wave n’avait jamais
agité les eaux des lochs, nous voilà prête pour un aller et retour lunaire en
recommandé. Cold Days From The Birdhouse, la lancinante complainte en ouverture de ce premier album, nous
avait suffi pour établir arbitrairement que The Twilight Sad était notre
Nouveau Groupe Préféré de la semaine. Comme les Manic Street Preachers, notre
Groupe Préféré de Toujours, le jeune quatuor avait en plus eu le bon goût de se
choisir des titres explicites à rallonge – That
Summer, At Home I Had Become The Invisible Boy, ce genre. Ô les limbes d’auto-apitoiement qu’on s’imaginait déjà dévaler
en leur glaçante compagnie. Peut-être par préscience, on n’avait pourtant trop
osé s’aventurer au-delà de ce pas de porte si engageant et réfrigérant à la
fois. Il faudra s’y faire, rien n’est jamais comme on se l’imagine après un
coup de foudre. Les plages planantes et les excursions ampoulées qui s’en
étaient suivies, usant et abusant de ficelles mélodramatiques pour figurer le
tourment, furent naturellement décevantes. Triste crépuscule, en effet.