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Forget The Night Ahead de The Twilight Sad

chronique d'album
Quand on marie comme les Écossais de The Twilight Sad des sentiments contrariés à un rock toute en puissance éruptive, le risque réside pratiquement à chaque fois dans la tentation d’être grandiloquent là où il faut justement faire preuve d’une délicatesse particulière. On pourrait même avancer qu’une trop grande maîtrise technique des instruments et une précision maniaque dans la production peuvent parfois devenir un véritable handicap en écrasant les émotions avant même de les laisser s’épanouir. Plein d’intentions louables, Forget The Night Ahead progresse vaillamment sur les traces de modèles américains aussi indispensables que Guided By Voices et I Love You But I’ve Chosen Darkness, mais la feuille de route révèle assez vite ses limites.

Pourtant, Reflection Of The TV et I Became A Prostitute sont deux titres absolument charmants qui prennent leur temps, car mettre le feu aux poudres requiert un certain sens de la dramaturgie. Se contorsionnant lentement sur un tapis de guitares brouillées, James Graham chante comme un Michael Stipe revenu de tout, et cette pointe de lassitude dans la voix fonctionne en parfait contrepoint des explosions à venir. Peut-être ne fallait-il pas commencer si fort car le reste de ce second album s’affadit au fur à mesure qu’une même formule entre tension et relâchement se répète inlassablement, révélant les ficelles d’une narration verrouillée. Sentiment renforcé par un phrasé parfois encombrant, qui oublie parfois les vertus du silence.
Thomas Bartel
MAGIC RPM  #137


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