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The Body The Blood The Machine de The Thermals

chronique d'album
On aimerait croiser plus souvent la route de ce trio de Portland, Oregon. D’ailleurs, on l’a vraiment croisée une seule fois et l’on s’était sacrément bien amusé, mais c’est une autre histoire. The Thermals est l’antidote parfait aux grossiers débordements d’une partie du rock américain actuel. Ici, rien n’est conçu pour émouvoir, mais pour toucher directement, sans fioritures, ni chiqué ou emphase. Et si la voix de Hutch Harris est parfois agaçante dans sa diction, elle ne tend jamais vers la grandiloquence et serait plutôt une cousine juvénile de celle de John Darnielle (The Mountain Goats).

On peut donc avancer que The Thermals est un groupe de folk électrique américain tendu, une lignée dans laquelle on a déjà croisé les importants Superchunk, Guided By Voices, Sebadoh ou Pavement. Sur Test Pattern, on constate pourtant qu’avec de simples notes de guitares moins tranchantes et cramées qu’à l’accoutumée, la formation pouvait à l’occasion épurer son style fracassant et ralentir la cadence sans perdre de sa superbe. Produit en formation réduite par Brendan Canty (Fugazi), The Body The Blood The Machine est, à sa manière, un brûlot politique dans l’Amérique d’aujourd’hui, mais point ici de discours contestataire convenu, d’engagement de masse, de porte-parole d’une nation trompée et bafouée dans ses valeurs humanistes.

L’engagement de Hutch Harris et de la divine Kathy Foster (rejoints depuis par Caitlin Love aux tambours) est simplement un constat de frustration individuelle, une fin de non-retour ulcérée renvoyée de manière frontale à qui de droit. Et un sacré bon disque de punk pop en prime.
Étienne Greib
MAGIC RPM  #103


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