En kiosque actuellement Commander

Now We Can See de The Thermals

chronique d'album
S’il y avait bien une formation que l’on attendait au tournant de cette année, c’était The Thermals. Le trio mixte de Portland, Oregon, incarne l’idéal type du groupe punk rock né pour de bonnes raisons : colère saine et traumatisme post-11 Septembre, énergie créative et rage mélodique. Un postulat nettement plus attractif que celui du tout-venant punk MTV, occupé à composer des chansonnettes énervées de trois minutes pour faire patienter la jeunesse Wasp au McDrive. The Thermals nous avait quittés en 2006 après l’excellent The Body The Blood The Machine, cocktail incendiaire jeté à la façade de la Maison Blanche et de son administration néo-conservatrice.

Or, les États-Unis vivent un peu leur mai 1981 : l’arrivée d’Obama et l’élection d’un maire gay à la mairie de Portland ont nécessairement changé les préoccupations, voire la raison d’être, de la formation contestataire. Ce quatrième album est un grand sourire, dont la naïveté apparente se pique d’une pointe d’ironie mordante, distillée dans le single Now We Can See (“Now we do as we please/Now we do away with our disease/Now the image sticks/We still need the medicine quick/We still take the pill”). Apaisé pour un temps, The Thermals s’en retourne vers d’autres inquiétudes : jeunesse qui se fait la malle (How We Fade) et mort qui pointe son nez (When I Died, When We Were Alive). Ces petites inquiétudes universelles donnent lieu à de jolies bombinettes mélodiques. Des tubes post-power pop, s’amuse le chanteur Hutch Harris (“Parce que post, ça fait plus chic”).

Avec Weezer ou Sebadoh en parrains décalés, Ramones en vieux oncles (le punk binaire When We Were Alive, critique détendue de l’american way of life) et Green Day en cousin parvenu (Liquid In Liquid Out, les hoquets de We Were Sick), The Thermals signe un chouette disque qui ne révolutionne rien, pas même la vie pépère de ses auteurs. On regrette néanmoins la hargne viscérale d’antan. De là à souhaiter la victoire d’un McCain en 2012…
Thibaut Allemand
MAGIC RPM  #130


Réagissez

Votre réaction :

Votre pseudo :

Prévisualiser