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Biographie

Comment ce groupe de frenchies a-t-il réussi à faire chavirer tant de cœurs, de la Suède à l’Australie, en passant par sa terre d’accueil anglaise, sans même s’être fait un nom dans son propre pays ? La réponse, vous la connaissez déjà, c’est MySpace. En ce réveillon de Noël 2005, Michael, Dorian et Quentin se sentent l’âme mélomane et empoignent micros, boîte à rythmes et guitare, hilares à l’idée de mettre leur œuvre en ligne. Louons leur sens de l’humour. Aussi squelettique que son inspiratrice d’héritière, Fuck Nicole est l’acte de naissance des Teenagers. Collision sexy entre rock lo-fi et pop vitaminée, leur “blague” musicale, jonchée de références malines à la culture anglo-saxonne, fait peu à peu son chemin. La suite est caractéristique des épiphénomènes nés dans le royaume promotionnel virtuel : “Tout s’est emballé. En septembre 2006, on a été contactés par un label canadien, et en octobre, les Anglais – managers, avocats, labels, tourneurs – se ruaient sur nous”. Finalement, ces innocents aux mains pleines signent avec Merok (qui a abrité les débuts des Klaxons). Depuis, ils naviguent entre la France et la perfide Albion où ils bénéficient du pied-à-terre de Quentin l’expatrié, dont la maîtrise de la langue anglaise est un passeport idéal. Mais pas pour les raisons qu’on imagine… “En Angleterre, la sauce a pris à cause des paroles”, explique Dorian. “Ils les trouvent super drôles. Nous, on ne se rendait pas compte que certains mots qu’on utilisait, comme ‘cunt’, étaient si vulgaires. Alors, là-bas, on passe pour de gros punks. (Rires.)” Du punk, le trio a hérité le sens de la débrouille et de la bidouille. Quentin s’improvise chanteur ex nihilo et ses deux acolytes, certes plus expérimentés – Dorian officait au sein du groupe Mai –, doivent s’accorder pour satisfaire les propositions de concerts qui affluent. Également prisés pour leurs remixes (Air, Au Revoir Simone, etc.) faits avec trois bouts de ficelle mais une montagne d’idées, ces merveilleux ados attardés n’ont finalement qu’un seul rêve : revenir au bercail. En fils prodigues ? “On a peur de se faire descendre, comme Phoenix. D’une part, on ne fait pas le rock’n’roll du moment. De l’autre, les gens pourraient penser qu’on se la pète parce qu’on fait carrière à l’étranger. Alors, on attend…” Un succès à domicile ne serait pourtant que… justice. Ce que confirme en mars 2008 la sortie d'un premier album vicelard et contagieux, baptisé Reality Check.