En kiosque actuellement Commander
Paradoxes : ce drôle de double Cd, compilation qui ne couvre "que" la première période des Stranglers, groupe de pub rock londonien atypique devenu punk parce que l'époque l'exigeait, lui rend plus fortement justice que celles couvrant l'ensemble de leur carrière jusqu'au départ de leur chanteur Hugh Cornwell en 1990. Comme si le phénomène d'avachissement avait gagné dès le milieu des années 80, alors que le groupe cartonnait avec Always The Sun. Pourquoi The Stranglers ont-ils rassemblé autant, eux qui passaient pour les cousins britanniques des Ramones, tout de noir vêtus (The Men In Black), les cheveux moins longs mais les idées aussi courtes ? C'est peut-être là le drame de Burnel (dont on espère que, Niçois d'origine, il ne tombera pas sur cette chronique, tant il a la réputation de ne pas aimer les journalistes) et les siens, avoir trop favorisé la petite histoire, avec ses milliers d'anecdotes toutes plus désopilantes les unes que les autres, et avoir négligé une éventuelle carrière plus conséquente (Who Wants The World?). Pourtant, tout avait bien commencé, dès 1977, avec une série de brûlots produits par Martin Rushent et Alan Winstanley, avant que l'un ne travaille avec The Human League et l'autre avec Madness. Affreux, sales et méchants, The Stranglers n'en signent pas moins une demi-douzaine de classiques, tels que Golden Brown (leur plus gros succès), Peaches, Nuclear Device, La Folie et surtout No More Heroes, en autant d'années. Dernier paradoxe, le quartette a influencé, bien plus que certains de ses contemporains, les générations suivantes, Inspiral Carpets, Charlatans, Elastica, bien sûr, mais aussi plus récemment Appliance. Entre les loges de The Clash et The Jam, accordez-leur le strapontin qui leur revient.
Nicolas Plommée
MAGIC RPM  #36
article extrait de :
MAGIC RPM #36 Commander ce numéro


Réagissez

Votre réaction :

Votre pseudo :

Prévisualiser