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Dieu sait qu'elle était abattue, en 1991, l'équipe Silvertone d'apprendre un beau matin que ses Stone Roses partaient vers d'autres horizons. Pourtant, quelque neuf ans après, cette même équipe n'a de cesse de se frotter les mains et d'arborer un sourire de circonstance au vu des événements qui ont suivi le fameux album-arlésienne, son échec commercial (et artistique ?) , le départ du guitariste John Squire puis le split final en octobre 96. Mieux, le label trahi n'a jamais oublié d'exploiter cette mine d'or, en réalisant compilations et coffrets à des périodes stratégiques, sans oublier de rééditer le mythique premier album éponyme pour le dixième anniversaire de sa sortie. Et alors que l'on pensait le filon définitivement épuisé, voilà que surgit The Remixes quel titre ! , où des représentants vétérans et nouveaux venus de la scène électronique s'attaquent au répertoire des Mancuniens tout du moins celui de la période 89-91. Avec plus ou moins de bonheur. Car, à l'instar de Soul Hooligan sur Shoot You Down, Oakenfold et Osbourne pour Waterfall ou Justin Robertson avec également Waterfall, la plupart se contentent ici de rallonger une sauce, qui n'en avait pourtant point besoin et perd ainsi de sa saveur. Si A Guy Called Gerald parvient à souligner le pouvoir hypnotique de Fools Gold le temps d'une version près de l'os et robotique, Grooverider enlève toute la sève la soul de ce même morceau. Au final, trois formations tirent avec maestria leur épingle du jeu. Comme par hasard (?), ce sont les trois seules à avoir osé se réapproprier les chansons, ne gardant que la voix et la mélodie. Ainsi, le traitement tout électronique infligé à Made Of Stone par 808 State s'avère d'une rare pertinence et rapproche le thème d'Amicalement Vôtre des productions electro du début des 80's. Le duo Kinobe saupoudre d'effluves psychédéliques l'acoustique Elizabeth My Dear qui prend ainsi de jolies rondeurs et couleurs , alors que Mint Royale métamorphose le groove noisy d'Elephant Stone en ballade printanière et bucolique. Trois tours de force qui justifieraient presque l'achat de ce disque. Et laissent surtout à penser que l'on aurait pu se contenter d'un simple single.
Christophe Basterra
MAGIC RPM  #46
article extrait de :
MAGIC RPM #46 Commander ce numéro


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