Les premières secondes
envenimées de Moonwink ne trompent
pas : le Spinto Band est toujours malade. Souffrant de cette même fièvre
qui aboutit à un premier effort en plein delirium, capable de caramboler à la
vitesse de Satanas refrains bubble pop, frénésie de garage et harmonies béates.
L’inaugural Later On, comme les dix
titres suivants agissent ainsi telles des madeleines acidulées, qui
surchauffent les tripes autant qu’elles ravivent le souvenir de ce Nice And Nicely Done (2005) déflagrant.
C’est à la fois la bénédiction et le drame qui s’abattent sur ce deuxième
album. Tout y est : les mélodies satisfont à leurs mille loopings, la
batterie à ses quatre cents coups, le chant à son incessante volte-face, et
l’instrumentation power pop frissonne et foisonne en épousant les trajectoires
de montagnes russes tracées par ces onze titres ondulants.
Mais l’effet de
surprise provoqué par les premières saillies du groupe et l’irrésistible
sensation de fraîcheur juvénile qui en découlait se sont quelque peu évaporés
avec le temps et l’expérience. On serait néanmoins bien en peine d’accabler
Nick Krill et ses compères de ribouldingue, tant la volonté euphorisante des
ritournelles accélératrices Pumpkin’s And
Paisley ou Needlepoint collent
aux esgourdes de l’auditeur consentant comme le noir goudron aux poumons du
fumeur intoxiqué. À défaut de provoquer le priapisme jouissif de Nice And Nicely Done, Moonwink parvient donc encore à
communiquer cette joie érectile dont le sextuor s’avère être le passeur le
mieux monté.
On souhaite à ce virus bienfaisant qui babille dans les veines
turgescentes du Spinto Band ce que l’on redoute de ses
congénères malveillants : la contamination généralisée.