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The Ruby Suns
archive mag mars 2008
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Sacré
Brian ! Il croyait quand même pas qu'il allait nous entuber comme ça. Au moment
où les Stooges sortent avec pertes et fracas un album indigne trente ans après,
Brian Wilson reforme ses Beach Boys dans la plus prude des discrétions, loin du
tintamarre médiatique que ces retrouvailles réussies méritent pourtant. Pour
brouiller les pistes, il a rebaptisé son groupe les Ruby Suns, et a commandé à
son nouveau label indé une biographie romancée qui nous raconte l'histoire d'un certain Ryan McPhun, un type
originaire de Californie qui aurait ensuite migré vers la Nouvelle-Zélande
(n'importe quoi). Sauf que cette sunshine pop baignée de lumière, sublimée par
des arrangements aux sourires béats et parsemée de mélodies extasiées, ne
trompe personne. Oubliant cette démesure qui l'a finalement perdu, (B)Ryan a
réuni une collection de comptines charmantes et fulgurantes, soyeuses et
atemporelles, enrobée d'une production minimale qui lui sied à merveille, comme
un hommage à ses plus fidèles descendants, de Apples In Stereo aux Thrills, en
passant par Panda Bear (l'évanescence statique de Sleep In The Garden en
ouverture), ou les désormais intouchables The Shins. Ce condensé de chaleur pop
est porté par un Criterion touché par la grâce, la quintessence d'une
musique d'Eden à la candeur éternelle que les harmonies vocales soufflées par
les anges et le foisonnement orchestral du diptyque Trepidation viennent
parfaitement étayer. Après tout, peu importe son auteur, si ce disque s'assimile pour l'auditeur à un véritable
rêve éveillé.
Anna Lester
article extrait de :
MAGIC RPM #109
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