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The Invisible Deck de The Rogers Sisters

chronique d'album
Après la sortie du mini-album Three Fingers, The Rogers Sisters revient avec The Invisible Deck, qui doit son titre à un tour de magie que papa Rogers exécutait quand les deux soeurs étaient gamines. Dans leur chaudron, Laura et Jennifer, assistées du bassiste japonais Miyuki Furtado, ont mis du garage pour faire honneur à Detroit, leur ville d'origine, puis une grande dose de new-wave (B 52's et XTC en tête), le tout saupoudré d'efficacité power pop. Et Never Learn To Cry, augmenté d'une fièvre de Le Tigre, illustre bien la recette. Le trio, indécis ("I want, don't want, I want to be free, don't want it, I want it!", martèle Miyuki), se bagarre le micro sur Emotion Control. Sautillons avec lui, car le rythme servi par la batterie trafiquée de Laura, du même acabit que celui asséné par Sons And Daughters, s'adresse au dancefloor. Sentiment d'urgence, tension : comme chez The Kills, l'alliance des voix mixtes fonctionne bien. Celle de Laura, un peu frêle, contraste avec la guitare pesante de sa soeur et une basse puissante, qui n'est pas sans rappeler Gang Of Four. Malgré la vocation pop de The Invisible Desk, le groupe n'hésite pas à expérimenter, à ses risques et périls : le psychédélisme sauve de justesse Your Littlest World d'un rock qui aurait pu virer progressif mais Sooner Or Later n'oublie pas d'être chiant. Ces dernières huit minutes et quelque feraient presque disparaître d'un coup de baguette tragique toute l'intensité de l'album. Mais le talent des Rogers Sisters n'est pas invisible.Inutile, donc, de tirer les cartes : les dés en sont jetés, vous ne leur résisterez pas longtemps.
CHARLINE LECARPENTIER
MAGIC RPM  #99
article extrait de :
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