Repérés par l'entremise d'un ami moustachu et très souvent au taquet, les Rogers Sisters n'en sont pas à leur coup d'essai, et bénéficient enfin d'une distribution digne de ce nom. L'inaugural Purely Evil était sorti chez Troubleman Unlimited, maison de qualité qui nous a déjà offert Erase Errata, Tussle, les chouchous krautdisco de Trevor Jackson, et surtout les grandioses Glass Candy. Ce petit secret bien dissimulé de ce côté-ci de l'Atlantique contenait des pépites épileptiques dansantes qui combinaient un son garage à des rythmiques furieuses. Les deux soeurs Rogers, Jennifer (à la guitare) et Laura (à la batterie), furent élevées à Detroit par leur père disquaire et cela s'entend. Débarquées à Brooklyn, elles rencontrent le bassiste Miyuki Furtado. Dès lors, le trio s'autoproclame "the first no-wave party band" et se produit dans les boums branchés pour fêtards désoeuvrés. Trop tard, le buzz est lancé et les Rogers Sisters deviennent the next big thing pour les magazines new-yorkais qui les intronisent chaînon manquant entre The Strokes et Yeah Yeah Yeahs. Ce mini-album, complété, entre autres, de chouettes versions de Object de The Cure et de Zig Zag Wanderer de Captain Beefheart sonne comme les B-52's ou Bis. Cette pop punk irrésistible conçue pour la fête évoque Mark E. Smith retrouvant Devo au cours d'une soirée karaoké qui s'éterniserait jusqu'à l'aube autour de bouteilles de saké et d'une reprise de Love Shack. En attendant un véritable deuxième album à paraître prochainement, on continuera à danser avec nos nouvelles copines.