Dix ans, cinq albums, un florilège de singles et de EP, mais une seule
ligne de conduite : célébrer le mariage plus ou moins
équilibré entre les ballades de Phil Spector et les guitares noisy
des frères Reid. Un pré carré rigoureusement délimité qui, bien
qu’il se transforma progressivement en enclos des morts, eut le
mérite de révéler la sincérité romantique du duo danois. Car en
dépit des années passées et des modes qui se font et se défont,
Sune Rose Wagner et Sharin Foo n’ont jamais flanché à l’heure
d’édifier une œuvre d’une franchise désarmante, mais aussi
suicidaire, attachés qu’ils étaient à vouer un culte aux figures
du passé. Qu’attendre donc de cette compilation de chutes de
studio ? Peu de choses, sinon une généreuse collection de
chansons invariablement efficaces, principalement destinée aux fans
– seuls cinq cents exemplaires ont été édités par le groupe
lui-même. Mais parce qu’elles ont toutes été boutiquées avec
l’énergie du désespoir et cette foi intarissable en l’esprit du
rock’n’roll, l’exercice s’avère finalement d’une élégance
folle.
Regroupant des morceaux de la période s’étendant du maxi inaugural Whip It On (2002) à Lust Lust Lust (2007), Rarities & B-Sides s’apparente à une archéologie de la mélodie toxique. Et démontre par la même occasion que la formation scandinave a bien connu une sensible évolution durant toutes ces années. Si les sept premiers titres déterrés forment un boucan redondant et encore trop balbutiant, la première claque vient avec le single oublié Bubblegum et ses notes de guitare en accroche-cœur. Puis l’impayable The Christmas Song, bien meilleure chanson de Noël que celles présentes sur le EP Wishing You A Rave Christmas (2008). Mais les plus beaux trésors défrichés ici sont sans conteste les ballades issues de la période Pretty In Black (2005) – le meilleur album de The Raveonettes. C’est lorsqu’il harmonise comme jamais que le tandem devient le plus touchant, comme le prouvent Oh, The Time et Go On And Kiss Me, un des moments forts d’un disque qui, on l’espère sans en être tout à fait persuadé, ne sera pas son chant du cygne.
Regroupant des morceaux de la période s’étendant du maxi inaugural Whip It On (2002) à Lust Lust Lust (2007), Rarities & B-Sides s’apparente à une archéologie de la mélodie toxique. Et démontre par la même occasion que la formation scandinave a bien connu une sensible évolution durant toutes ces années. Si les sept premiers titres déterrés forment un boucan redondant et encore trop balbutiant, la première claque vient avec le single oublié Bubblegum et ses notes de guitare en accroche-cœur. Puis l’impayable The Christmas Song, bien meilleure chanson de Noël que celles présentes sur le EP Wishing You A Rave Christmas (2008). Mais les plus beaux trésors défrichés ici sont sans conteste les ballades issues de la période Pretty In Black (2005) – le meilleur album de The Raveonettes. C’est lorsqu’il harmonise comme jamais que le tandem devient le plus touchant, comme le prouvent Oh, The Time et Go On And Kiss Me, un des moments forts d’un disque qui, on l’espère sans en être tout à fait persuadé, ne sera pas son chant du cygne.
4 réactions réagir
Rouck&foulkque ver_susse the Best ?
Cher Matthieu,
Si vous jetez un oeil dans le magic n°152, vous verrez que le "Raven In The Grave" a fait l'objet d'une chronique plutôt élogieuse. Même si, effectivement, elle n'a pas été mise en ligne (sûrement un oubli), un simple clique sur l'onglet "discographie" du groupe vous montrera que magic a toujours été fidèle aux Raveonettes. A juste titre. Pour ce qui est des Kills, vous devez confondre avec Rock & Folk...
Si vous jetez un oeil dans le magic n°152, vous verrez que le "Raven In The Grave" a fait l'objet d'une chronique plutôt élogieuse. Même si, effectivement, elle n'a pas été mise en ligne (sûrement un oubli), un simple clique sur l'onglet "discographie" du groupe vous montrera que magic a toujours été fidèle aux Raveonettes. A juste titre. Pour ce qui est des Kills, vous devez confondre avec Rock & Folk...
Je suis ravi de voir que vous retrouvez de l'intérêt pour ce groupe, mais alors il s'est passé quoi en avril dernier au moment de la sortie du pas si mauvais Raven In The Grave ? Ah oui je me souviens vous étiez tombés amoureux d'un autre duo à frange et jeans slim (les kills) ahah...
C'est la neige ou ça sent le sapin, cette histoire ?