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Interview 2003 de The Rapture

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Découvert sur le tard par l’entremise d’une poignée de maxis et de quelques concerts hexagonaux, The Rapture faisait figure d’épouvantail au sein de la néo-scène new yorkaise. Avec la sortie d’Echoes, en 2003, premier album qui avait pris les atours de l’Arlésienne, ces Américains voyageurs dévoilaient, avec plus ou moins de bonheur, d’autres cordes à leur arc que cet electro-punk-funk déjà galvaudé à l'époque. Retour sur l’itinéraire – aussi bien géographique que musical – de ce quatuor en quête d’un large public.
Par Christophe Basterra, in magic #74


Blondie Rapture
Vito Riccoforte (batterie) :
Laissez un peu, j’adore la voix de Debbie Harry sur ce morceau. Bon, en tout cas, le nom de notre groupe n’a rien à voir avec ce titre, quoi que puissent en penser certains, à cause de New York, des termes disco, punk et tout le toutim.
Matt Safer (basse)
: En fait, il vient de la Bible.
VR :
Quand on dit ça, les gens croient qu’on se fout de leur gueule, mais non, c’est vrai ! C’est une métaphore de l’exode. Et c’est comme ça que nous voyons le groupe : en exode perpétuel d’un point A vers un point B.


Free Design California Dreamin’

Luke Jenner (chant, guitare) : Cette version est bien meilleure que l’originale ! C’est vieux ou récent ?
Gabe Andruzzi (saxo) : Vieux, ça s’entend quand même !
LJ : J’adore ce genre de trucs… Tu te sens tout de suite bien quand t’écoutes ça. On a démarré le groupe à San Francisco, en trio. Mais il n’y a que Vito et moi de la formation originelle. Et puis, notre premier bassiste en avait marre des coups de soleil et a voulu à tout prix déménager… Alors, nous avons atterri à Seattle. Mais cette ville est vraiment trop laide. On a donc refait nos valises, abandonné le bassiste et direction New York !

Psychedelic Furs Dumb Waiters
MS : Bein… The Rapture ! (Rires.)
LJ :
Ouais, c’est Dumb Waiters, qu’on a repris en face B de notre tout premier single. Le type qui a produit l’original, Steve Lillywhite, est aujourd’hui l’un des patrons d’Universal en Angleterre. Et c’est l’un des mecs qui nous a signés !
VR : Quand il nous a vus en concert la première fois, il est venu nous voir après : “Ah ouais, j’ai reconnu un morceau, là, mais je n’arrive pas à savoir pourquoi…” (Rires.)
LJ : Il est rigolo, il parle de lui à la troisième personne !
VR : Du style : “Vous connaissez le fameux son de batterie Steve Lillywhite ?”
GA : Même s’il y a peu de chance que ça arrive, je trouverais amusant de bosser avec lui. Au moins pour un morceau, juste pour voir ce qu’il sait faire aujourd’hui.
LJ : En fait, cette reprise était comme un message : on est à la recherche d’un joueur de sax ! (Rires.) Et on a mis quatre années avant d’en trouver un (ndlr. Gabe a rejoint The Rapture au milieu de l’année 2002).

Hot Hot Heat No, Not Now
VR : On connaît bien ces mômes. Leur nouvel album est vraiment excellent, très Dexys Midnight Runners. Mais je ne suis même pas sûr qu’ils connaissent en plus ! Ils sont de Victoria, une ville située sur l’île de Vancouver au Canada. On était allé jouer là-bas il y a quelques années, alors que peu de groupes s’y aventurent. (Sourire.) Ils étaient dans la salle, on avait discuté. Ils étaient carrément jeunes, ils n’avaient même pas formé Hot Hot Heat à l’époque ! Et trois années après, juste quand ils commençaient, on a donné une série de concerts ensemble. Quand on les a rencontrés la première fois, c’était de gros fans de Morrissey : ils avaient le look et tout !

The Psychonauts Hot Blood
On dirait toi au saxo, non ?
GA : Oui… Et vous en train de jouer ! (Rires.)
LJ : Ce ne serait pas les Psychonauts ? Je crois qu’on m’en a déjà parlé, un certain Tim Goldsworthy. (Rires.) C’est après nous avoir vu en concert que James Murphy et lui (ndlr. têtes pensantes de DFA Records) sont entrés en contact avec nous. On a discuté musique, des directions que nous voulions emprunter. On s’est aperçu qu’on avait pas mal de points en commun… Il nous a donc semblé logique de bosser ensemble le plus vite possible, et l’on a enregistré le mini-Lp paru chez Sub Pop.
VR : C’est par l’intermédiaire des Psychonauts qu’on a rencontré Morgan Geist, qui a remixé House Of Jealous Lovers. LJ : Sur la nouvelle version du single, il y a un remix signé Maurice Fulton, dont on est vraiment content. Pourquoi ressortir ce titre ? Bah, le disque n’était pas évident à trouver à l’origine. Et puis, c’est un sacré bon morceau ! Vous savez, on a terminé l’album en juin 2002… Quand on l’a enregistré, on s’est complètement coupé du côté business de façon délibérée. Et ça nous a pris presque un an pour trouver le deal que nous voulions. On était, et l’on est toujours, très excité par le disque, on voulait à tout prix qu’un maximum de gens puissent mettre la main dessus, on n’avait aucune envie de le sortir pour une poignée d’initiés. Mais on n’accorde pas facilement notre confiance… Voilà pourquoi choses ont pris tant de temps à se mettre en place. (Sourire.)

“rinôçérôse” Bloodsport (new mix)
VR : C’est bien, ça ! J’adore le riff de guitare.
LJ : “rinçérôse”, non ? Jean-Philippe est un type adorable. Et Patou… (Sourire.) On les a rencontrés par l’intermédiaire d’un ami, Dominique, pour qui je travaillais à une époque. On a fait un remix de Music Kills Me. Il ne sonne pas du tout comme l’originale. Gabe a joué du sax dessus. C’est le premier que l’on réalise, en fait.
VR : Et ça s’avère être une excellente façon pour nous d’expérimenter.

A Certain Ratio Shack Up
(Dès l’intro.) Shack Up, bien sûr ! Incroyable, ces petits blancs de Manchester, en Angleterre, qui arrivaient à faire un funk complètement dérangé.
GA : Heu, je te rappelle que le batteur est noir, quand même.
LJ : D’abord, on s’est intéressé à la musique funk. Et puis, un jour, je suis tombé sur un livre sur le punk, où était évoqué tout ce courant punk-funk, et j’ai voulu en savoir plus… On a toujours été très curieux. À une époque, on s’est carrément plongé dans la house.
VR : Je me suis passionné pour l’électronique. J’ai même essayé de faire des trucs dans mon coin, mais ce n’est jamais allé très loin !

James White & The Blacks Contort Yourself
LJ : C’est la version longue. Je préfère celle de l’album, personnellement. James Chance avait complètement disparu de la circulation, mais avec tout le battage autour d’une nouvelle scène new yorkaise, on le redécouvre et, rien que pour ça, c’est positif…
GA : Mais cette scène est vraiment virtuelle. Les gens ont l’impression qu’on est toujours tous ensemble, que l’on traîne dans les mêmes bars…
VR : On a accepté d’être présent sur la compilation Yes New York parce que c’est une œuvre caritative. On n’a pas cherché à savoir qui étaient les autres groupes. Et puis, on n’en connaissait pas le titre… Si on l’avait appris avant, on aurait dit aux types : “Mais vous êtes complètement débiles !” C’était l’intitulé le plus crétin à prendre… La compile originelle, No New York, signifiait quelque chose, présentait des groupes complètement underground, qui faisaient quelque chose de neuf, d’original.

Radiohead 2 + 2 = 5
MS : Le nouveau Radiohead ?
VR : Voilà des gens que l’on envie forcément : avoir leur liberté artistique et leur succès, ça tient du rêve. Ces types n’ont jamais eu peur de changer, d’évoluer.
LJ : On est forcément impatient que notre disque sorte enfin, après un an d’attente. On n’a jamais vraiment eu de feedback… C’est toujours intéressant de pouvoir te percevoir à travers le regard des autres. On veut des réactions maintenant. Qu’elles soient bonnes ou mauvaises !

Christophe Basterra
MAGIC RPM  #74
article extrait de :
MAGIC RPM #74 Commander ce numéro


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