L'album le plus attendu de l'année est signé par un groupe qui ne saurait être taxé d'opportuniste malgré son appartenance au revival 80's le plus pointu (Gang Of Four, early The Cure, PIL etc.). Son nom en référence à la chanson où le groupe Blondie s'essayait voici près d'un quart de siècle au hip hop ainsi qu'une reprise précoce (dès 1998 sur le tout premier 45 tours The Chair That Squeaks) du Dumb Waiters de The Psychedelic Furs en attestent. Mais là où les émigrants s'en allaient chercher fortune d'Est en Ouest, depuis l'Europe jusqu'aux États-Unis, The Rapture a fait le chemin inverse, de sa Californie natale jusqu'à New York puis les clubs des grandes villes européennes où le single House Of Jealous Lovers a trouvé un écho grandissant à partir du printemps 2002. De sa formation originelle subsistent le chanteur-guitariste Luke Jenner et le batteur Vito Roccoforte et une propension au punk rock mâtiné de new-wave (à tout prendre préférable au ramollissement amoureux d'Open Up Your Heart et Infatuation), alors que les intégrations successives du bassiste, clavier et seconde voix Mattie Safer, puis du saxophoniste-percussionniste Gabe Andruzzi se sont accompagnées d'un travail de production mené par DFA, soit James Murphy (LCD Soundsytem) et Ti m Goldsworthy (ex-UNKLE). Bon, mais alors ce disque ? Meilleur que ceux des Kings Of Leon ou The White Stripes tout autant que décevant. Au contraire de Out Of The Races, Onto The Tracks qui donnait son titre au mini-Lp de 2001 sorti sur Sub Pop, Olio, morceau fétiche déjà inclus sur celui de 1999 intitulé Mirror, a bel et bien été retenu pour ouvrir le bal. Plus loin, I Need Your Love ou Killing, avec leurs programmations proto-acid house, font mouche, Sister Savior cite sans coup férir les Happy Mondays de Mad Cyril, et une nouvelle version à peine retouchée de House Of Jealous Lovers fait figure de plat de résistance. De quoi dépasser le premier cercle de la branchitude ? Dans l'aventure de The Rapture commence désormais le plus dur...