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Presque Célèbre - 02/04/04 de The Radio Dept.

interviews


Johan Duncanson n’en revient pas. Le premier album de son groupe, The Radio Dept, va voir le jour un peu partout en Europe, un an après sa sortie en Suède, son pays d’origine. Quelque chose d’impensable, pourtant, quand le garçon a décidé de se jeter à l’eau, avec son compagnon Martin Larsson, un beau jour de 1998. “C’est d’autant plus incroyable que nous avons gardé notre indépendance. De toute façon, c’était la condition sine qua non”. Visiblement, le jeune homme ne badine pas avec le terme “indépendance”, qu’il place dans la conversation dès que faire ce peut.

“Jamais nous n’accepterons de nous produire sur le plateau d’une émission télé que nous n’aimons pas. Comme nous ne voulons pas donner des interviews à n’importe quel magazine. Je travaille toujours à côté, et je n’ai pas un boulot facile puisque je suis assistant dans un asile… Au moins, ça me permet de garder les pieds sur terre”. Il sourit tristement. “Mais il est hors de question d’accepter la moindre compromission, même pour vivre de notre musique”. Accompagné par une formation mouvante – “ce n’est plus la même aujourd’hui que celle ayant enregistré le disque”, explique-t-il en tirant nerveusement sur sa cigarette –, Johan est bel et bien la tête pensante du projet et, derechef, le principal responsable de Lesser Matters, disque surréaliste et suranné, aller simple vers le début des années 90 et l’épiphénomène shoegazing. Moose – pour l’habileté mélodique –, Slowdive – pour les ambiances éthérées –, My Bloody Valentine – pour les larsens vaporeux – pourraient être les parrains de cette œuvre inaugurale, enregistrée avec trois bouts de ficelle dans un home-studio qu’on imagine à peine plus grande qu’une boîte à chaussures. Avec une discographie complétée par deux Ep’s – l’un antérieur à l’album, l’autre postérieur et “moins lo-fi, dans une veine plus introvertie, je crois” –, The Radio Dept ne compte pas s’arrêter en si bon chemin.

“Cet été, nous commençons à enregistrer le second Lp. Mais je ne sais pas encore à quoi il va bien pouvoir ressembler”, explique Johan, qui réclame du bout des lèvres “le droit aux gens timides de pouvoir former des groupes”. Cette fois, il rigole, mais se refuse à citer des influences précises avant d’expliquer, le plus sérieusement du monde, que les meilleurs endroits pour écouter Lesser Matters seraient “un bus ou une voiture. Je n’envisage la musique que comme une invitation au voyage”. Heureux les innocents, ils auront les mains pleines.
Christophe Basterra
MAGIC RPM  #83
article extrait de :
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