Évacuons d'abord les polémiques biographiques jamais élucidées : avons-nous ici affaire ou non à une reformation ? Même si leurs deux chemins s'étaient croisés à plusieurs reprises (pour des concerts, régulièrement, ou pour un mini-album cosigné en 2003), toujours est-il que Jon Auer et Ken Stringfellow n'avaient plus enregistré d'albums de The Posies depuis Success en 1999. Cette année, les deux compères, toujours présents dans la mémoire des amateurs de power pop pour avoir autrefois célébrer l'union, en plein triomphe du grunge, des guitares saturées et des compositions mélodiques pleines de références aux 60's, font d'une pierre deux coups et ressuscitent simultanément la Grosse Étoile d'Alex Chilton et leur propre groupe. Bonne nouvelle ! Le tour de main n'est pas perdu, loin s'en faut, même si l'enthousiasme juvénile a perdu de son intensité et si quelques ornementations synthétiques viennent, çà et là , saloper des chansons par ailleurs bien écrites.... Ainsi, Conversations de Jon Auer n'aurait pas dépareillé sur Dream All Day ou Amazing Disgrace. Et même si ce disque est avant tout conçu pour servir de prétexte à une tournée dans les pays où la réputation de The Posies a grandi sur le tard, et au cours de laquelle on guettera surtout les anciens tubes du groupe, on ne peut que s'incliner devant le sérieux et la dignité avec lesquelles Auer et Stringfellow donnent enfin suite à une aventure trop longtemps restée en suspens.