Et si l'anonymat était la source de l'envie ? Car sauf à considérer le guitariste des défunts Mad Dog Loose, Kurt Vanpeteghem, comme une figure de proue de la scène underground internationale, il est extrêmement facile de passer à côté de son premier album. Surtout en cette période de trêve des confiseurs peu propice à la découverte de nouveaux venus. Avec un patronyme digne d'un coureur belge (qui trahit d'ailleurs ses origines flamandes) et un nom de groupe à dormir debout, Kurt Vanpeteghem a tout fait pour passer incognito. Ce serait pourtant profondément injuste pour sa douzaine de chansons pop rustiques. Dans le genre fanfare brindezingue sans le sou et pas facile à étiqueter successivement folk, blues, lo-fi et j'en passe , The Plastic Fish Factory se pose un peu là. Sans parler de la voix faussement écorchée de Kurt, qui se marie à merveille avec les notes d'un accordéon désaccordé sur un disque qui n'est finalement pas sans rappeler les premiers enregistrements de Vic Chesnutt. Difficile d'espérer plus beau compliment pour commencer.