Quel plaisir de retrouver nos vieux amis écossais en aussi grande forme. Stephen McRobbie et Katrina Mitchell ont rarement paru aussi en verve depuis leurs débuts il y a plus de quinze ans. À croire que le projet proposé par David McKenzie, à savoir composer la bande originale de son premier film, les a particulièrement inspirés. Tout en retenue et en apesanteur, les dix titres produits par John McEntire charment définitivement l'auditeur qui n'aspire plus qu'à endosser son rôle de spectateur. Les leçons de leurs maîtres avoués Morricone ou Komeda ont été bien assimilées. Et lorsque les premières beats électroniques de la "dirty pop song" commandée expressément par McKenzie, I Picked A Flower avec le toujours aussi génial Jarvis Cocker au chant, résonnent en fin d'album, nul n'est choqué. On pense simplement que les Pastels n'ont jamais été aussi proches de toucher à la pop song parfaite. Seul hic, les vingt-cinq minutes laissent clairement sur sa faim tant The Last Great Wilderness est un bonheur bancal à partager sans restriction.